Politique Sécurité

Burkina: le colonel Barry, ex-ministre de la Sécurité inculpé d’atteinte à la sûreté de l’Etat

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Le colonel Denise Auguste Barry, ministre de la Sécurité dans le gouvernement de la transition au Burkina Faso, a été inculpé pour “atteinte à la sûreté de l’État” et écroué mercredi, selon des sources concordantes.

Interpellé vendredi par la gendarmerie, le colonel Barry était gardé à vue, pour être entendu dans le cadre d’une “tentative de déstabilisation” du pouvoir.

“Après son audition, il (colonel Auguste Denise Barry) a été conduit cet après-midi au parquet militaire qui a décidé de le déposer à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca)” de Ouagadougou, a indiqué à l’AFP un officier supérieur sous le couvert de l’anonymat.

Une source judiciaire proche du parquet militaire a confirmé cette information, précisant que l’ancien ministre était accusé d'”atteinte à la sûreté de l’État”.

“Les enquêtes se poursuivront” et “d’autres interpellations ne sont pas à exclure”, a ajouté cette source.

Plusieurs autres personnes, dont l’ex chef d’État major de la gendarmerie, le colonel Serge Alain Ouédraogo, ont été entendues dans le cadre de cette affaire.

Des perquisitions ont également été effectuées, notamment dans les locaux du Centre d’études en défense et sécurité, lancé récemment par le colonel Barry qui s’était mis en disponibilité de l’armée.

Nommé ministre de la Sécurité dans le gouvernement de transition dirigé par Yacouba Isaac Zida, le colonel Barry avait été démis de ses fonctions par le président Michel Kafando quelques mois plus tard.

Le gouvernement de transition avait été installé après la chute du président Blaise Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir.

Le départ du colonel Barry, considéré comme le bras droit de M. Zida, était alors farouchement réclamé par l’armée.

Elle lui reprochait d'”instrumentaliser” les organisations de la société civile qui réclamaient une réforme de l’armée et surtout la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Compaoré. Le RSP a tenté un coup d’Etat quelques semaines avant la fin de transition en septembre 2015 mais celui-ci avait échoué en raison de la pression populaire et l’intervention de l’armée loyaliste.

AFP

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