Burkina Faso: la croissance du PIB sera freinée par les problèmes de sécurité, l’impact négatif des grèves…

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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Mme Dalia Hakura, a séjourné à Ouagadougou du 18 au 30 octobre 2018 pour mener les entretiens relatifs aux consultations de 2018 au titre de l’article IV et à la première revue du programme économique et financier du Burkina Faso qui est appuyé par un accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI.

À l’issue de la visite, Mme Hakura a publié la déclaration ci-après :

« Selon des estimations, le PIB a progressé de 6,3 % en 2017, après une hausse de 5,9 % en 2016. Les secteurs des mines et des services ont été les principaux moteurs de la croissance, tandis que la production agricole s’est contractée en raison de la sécheresse et d’une épidémie de peste qui a affecté les récoltes. L’inflation sur 1 an atteignait 2,1 % fin décembre 2017 et est restée à ce niveau en 2018.

« En dépit d’une progression de 1,3 points de pourcentage du PIB des recettes fiscales, le déficit budgétaire global s’est fortement creusé en 2017, principalement en raison d’une hausse de l’investissement public et d’une augmentation plus rapide que prévu des traitements et salaires, ainsi que des transferts. La dette publique est restée inchangée, à 37,7 % du PIB : l’impact des nouveaux emprunts a été compensé par l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar en 2017 et par la croissance vigoureuse du PIB.

« La mission prévoit que la croissance du PIB se stabilisera à 6 % en 2018, freinée par les problèmes de sécurité, l’impact négatif des grèves dans le secteur public sur l’activité économique dans le secteur privé et l’assainissement des finances publiques. Ancrée par le rattachement à l’euro, l’inflation devrait rester voisine de 2 % par an.

« Les risques pesant sur les perspectives pourrais induire des résultats moins favorable : les menaces sécuritaires pourraient commencer à peser sur le secteur minier et le tourisme, tandis que les tensions sociales pourraient continuer d’affecter la perception des recettes publiques et accentuer les pressions en faveur d’une augmentation des dépenses courantes, ce qui réduirait davantage l’espace pour les dépenses prioritaires. Outre son exposition permanente aux chocs sur les prix des produits de base (or et coton), le Burkina Faso pourrait souffrir des retombées d’un durcissement des conditions financières mondiales, d’une montée du protectionnisme et d’un fléchissement de la croissance mondiale.

« Dans l’immédiat, il s’agit pour les autorités du Burkina Faso de chercher à atteindre leurs objectifs en matière de développement et de sécurité tout en consolidant leurs finances publiques et en contribuant à la stabilité régionale. En conséquence, le programme appuyé par la FEC vise une réduction du déficit budgétaire global à 3 % du PIB d’ici 2019. À court et à moyen terme, l’objectif consiste à créer un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires dans les domaines de l’investissement, du secteur social et de la sécurité en mobilisant des ressources supplémentaires, en maîtrisant les dépenses récurrentes, notamment la masse salariale, et en améliorant l’efficience des dépenses

« Les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC ont été globalement satisfaisants au premier semestre de 2018. Cependant, les recettes fiscales ont été inférieures de 0,4 point de pourcentage du PIB aux prévisions, tandis que les dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures ont atteint la moitié du montant prévu. Tous les critères de réalisation quantitatifs, sauf un, et tous les objectifs indicatifs pour fin juin ont été atteints, et trois des six repères structurels pour la première revue de l’accord FEC ont été respectés, tandis que des progrès satisfaisants ont été accomplis pour les trois autres.

« La mission a procédé avec les autorités à un examen approfondi de l’action à entreprendre pour permettre au conseil d’administration du FMI d’achever la première revue du programme appuyé par la FEC. »

La mission a rencontré le Premier Ministre, Paul Kaba Thiéba ; la ministre de l’Économie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Sori Coulibaly ; la ministre déléguée chargée du Budget, Edith Clémence Yaka; le ministre de l’Agriculture, Jacob Ouédraogo ; le ministre de l’Administration publique, Séni Mahamoudou Ouédraogo ; le ministre de la Sécurité, Clément Sawasogo, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires. Elle a rencontré aussi le directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, Charles Luanga Ki-Zerbo, ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile, et des partenaires au développement.

La mission remercie les autorités de leur hospitalité chaleureuse et de leurs entretiens productifs.

Département de la communication du FMI

le 1 novembre 2018

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