Fronde contre la gendarmerie à Cinkansé : une «méconnaissance» des textes, selon Simon Compaoré

La fronde populaire dimanche contre le poste de gendarmerie de Cinkansé, dans laquelle un présumé assassin a été lynché, relève d’une « méconnaissance » des textes juridiques de la part des populations, a estimé lundi, le ministre de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré.

«Ce qui doit intéresser les gens, c’est de savoir que lorsqu’on appréhende un individu, la procédure suit son cours. Il faut s’assurer que la procédure suit son cours parce que les gendarmes n’ont pas pour mission d’arrêter les bandits ou les délinquants et de les garder indéfiniment au niveau des brigades », a déclaré Simon Compaoré.

«C’est certainement une méconnaissance de la population. Il va falloir qu’on redouble de sensibilisation avec les populations pour leur demander d’être sereines et leur montrer le rôle des gendarmes», a ajouté M. Compaoré qui s’exprimait à l’issue d’une visite à l’Etat-major de la gendarmerie.

Selon la gendarmerie, une foule en colère constituée d’environ 1000 personnes, s’est attaquée dimanche à la brigade de gendarmerie de Cinkansé, pour s’en prendre à un présumé assassin de deux agents de change de Cinkansé-Togo qui était en garde à vue dans une cellule de la brigade.

« Les gens ont voulu se faire justice, en soustrayant l’individu en question, et il a trouvé la mort. C’est regrettable. Nous regrettons aussi le fait que cinq gendarmes ont été légèrement blessés », a dit M. Compaoré, avant de demander « l’accompagnement des populations ».

Selon lui, il va falloir multiplier les actions de sensibilisation des populations pour éviter ces genres de situations déplorables.

Il a, de ce fait, appelé tous les groupes d’autodéfense à s’inscrire dans une dynamique de soutien aux forces de défense et de sécurité, qui ne ménagent aucun effort pour assurer la sécurité des personnes et des biens malgré les moyens modestes.

«C’est préoccupant. Il y a des hommes, il y a un peu de matériel, mais nettement en dessous de ce qu’il faut pour pouvoir assurer une sécurité correcte des citoyens et de leurs biens et de tous ceux qui nous font l’amitié d’être de passage au Burkina Faso », a constaté Simon Compaoré, dans l’enceinte du camp de gendarmerie de Paspanga.

M. Compaoré a affirmé «qu’il y a encore de gros efforts à faire pour permettre à cette institution qui est la gendarmerie de bien jouer son rôle ».

Il a rassuré que le Premier ministre et l’ensemble des ministres concernés vont trouver les moyens pour mieux accompagner la gendarmerie et les autres forces de défense et de sécurité.

Cette rencontre du ministre burkinabè en charge de la Sécurité avec les gendarmes, intervient au lendemain de l’attaque terroriste de Grand-Bassam près d’Abidjan et qui a fait une vingtaine de morts, venant de plusieurs pays dont le Burkina Faso.

«Nous sommes venus pour encourager les gendarmes (et) voir ce qu’on peut faire ensemble et souhaiter qu’ils puissent serrer les dents pour qu’ensemble nous puissions faire face à toute cette bourrasque qui nous vient d’ailleurs et qui s’appelle terrorisme, le grand banditisme, la criminalité transfrontalière », a dit M. Compaoré.

AIB

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