Burkina Coup d'état du 16 septembre

« Les raisons du putsch n’ont rien à voir avec le rapport du CNRN, mais plutôt l’exclusion » dixit Monseigneur Paul Ouédraogo,

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Présenter et expliquer le contenu du rapport général de la Commission de la réconciliation nationale et des réformes (CRNR) à la presse, c’est à cet exercice que se sont prêtés les membres de ladite Commission ce samedi 17 octobre à Bobo-Dioulasso.

 


Convaincus que ce document de 142 pages ne sera pas rangé dans les tiroirs si l’ensemble des burkinabè s’y attache, Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso et ses collègues disent également être persuadés que le putsch du 17 septembre n’a rien à voir avec le rapport qui a été remis deux jours avant.

Le rapport de la Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR), fruit de six (6) mois de travaux s’est appesanti sur cinq (5) chantiers. Il s’agit de
-  le chantier de la vérité, justice et réconciliation nationale
-  le chantier de réformes constitutionnelles, politiques et institutionnelles
-  le chantier de la réforme électorale
-  le chantier des finances publiques et le respect du bien public
-  le chantier de la gestion des médias et de l’information

Six mois sans répit et les membres de la Commission d’espérer que les conclusions auxquelles ils sont parvenus contribueront à consolider le renouveau du Burkina. Remis le 14 septembre au Premier ministre Yacouba Isaac Zida, qui heureux des résultats a promis que le rapport sera pris en compte, tant par la Transition et sans doute par le nouveau régime qui sera mis en place après le 29 novembre. Malheureusement, deux jours après, le Burkina s’engloutissait dans une impasse avec un coup d’Etat du Conseil national pour la démocratie (CND). A la question donc de savoir si ce putsch était la cause du contenu du rapport, Paul Ouédraogo estime qu’il faut plutôt poser cette question aux auteurs. Et d’ajouter qu’à bien y voir, il n’en est pour rien. « Dans le rapport et en ce qui concerne l’avenir du RSP, il a été proposé que dans le cadre d’une refondation de l’armée et de commandement, il y a lieu de dissoudre le RSP et le déployer à des missions outre que la sécurité du Président du Faso », explique l’archevêque, président de la Commission. Lui qui a participé aux négociations a confié que les raisons du putsch étaient en effet, l’exclusion. En clair, il n’y avait pas de revendication comparatrice.

Les voix du renouveau pour une bonne gouvernance au Burkina

Le rapport de la Commission de réconciliation nationale et des reformés a été dénommé – les voix du renouveau-. Une telle dénomination pour attirer l’attention des burkinabè sur la nécessité d’aller sur des voix de justice et de vérité. Si l’on veut réellement une bonne gouvernance, foi de l’archevêque, il faudra toujours jeter un coup d’œil sur ce rapport plein d’enseignements et de propositions. Chaque burkinabé, devra autant que faire se peut, apporter sa part contributive à la consolidation de la paix et de l’instauration d’une vraie société au Burkina, selon le conférencier. La commission pour sa part, dit accorder une importance capitale à la mise en œuvre des recommandations du rapport en ce sens que le renouveau est une urgence pour les principaux secteurs de la gouvernance et de la société.
Des lueurs d’espoir avec la mise en place d’un secrétariat technique
A en croire le CNRN, des projets de réformes ont été annexés au rapport et les membres se réjouissent déjà que le gouvernement ait pris l’engagement de mettre en œuvre les recommandations avec l’adoption d’un décret instituant un secrétariat technique en charge du suivi de la mise œuvre des réformes et de la réconciliation nationale. « C’est une structure que nous avons réclamée afin que le rapport ne reste pas dans les tiroirs. Nous attendons également l’érection de la structure qui sera en charge des dossiers de la réconciliation et de l’unité nationale », ajoute Paul Ouédraogo. Pour lui, la rénovation politique et institutionnelle, la modernisation du système électoral, la gestion efficace des médias et de l’information, la défi de la gouvernance des finances publiques et de l’économie, la réhabilitation de la santé et de l’éducation, la prise de conscience du péril environnemental et la « bombe », le besoin de la vérité et de la justice, et l’impérieux besoin de la réconciliation sont des urgences auxquelles la Commission dit attacher du prix dans son rapport.

L’avenir de ce rapport dépendra des Burkina.

A entendre le conférencier, l’avenir du rapport du CRNR dépendra de l’importance que le peuple burkinabè va lui accorder. Tout en restant convaincu que le régime prochain ne pourra passer sous silence si les Burkinabè y adhèrent, et pour faciliter le travail, le rapport a été remis à chaque candidat. L’ambition du CRNR est aussi de le vulgariser en le remettant à toutes les composantes de la société. Si Edouard Ouédraogo, fondateur du journal l’Observateur Paalga, membre de la Commission a invité ses confrères à faire leur le rapport en vue de lever toute velléité, Dr Rasalbga s’est plutôt attardé sur les dossiers de crimes – environ 5100 dossiers de crimes – que sa sous-commission a reçus. Dans le rapport, l’on peut également lire le couplage des élections municipales avec le referendum sur la constitution. Techniquement, laisse entendre l’archevêque, le couplage est possible. « On aurait pu laisser au régime prochain de s’en charger, mais je pense qu’on aura le temps d’élaborer le projet de la constitution », foi du président de la CRNR, Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso.

Bassératou KINDO

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