Ouagadougou: La police nationale réprime des fumeurs dans des lieux publics

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Dans la nuit du vendredi 25 mai 2018, la police nationale ont effectué une descente dans plusieurs lieux publics de la capitale pour s’assurer du respect du décret relatif à l’interdiction de fumer dans les lieux publics. De passage dans des maquis et bars, elles ont interpellé des fumeurs surpris en pleine violation de la loi y relative. L’opération s’apparente à un signal fort pour l’application plus rigoureuse de certains volets de la Loi antitabac.

Les policiers commis à ce contrôle inopiné sont d’abord briefés sur le but de la sortie dans la cour du commissariat central de Ouagadougou. L’équipe d’encadrement leur est présentée pour les convaincre du caractère légal de cette opération. Les journalistes présents sur place constatent la présence de représentants du ministère de la santé, du ministère de la justice, d’experts de lutte antitabac et d’organisations de la société civile de lutte contre le tabac.

Après ce briefing, le cortège s’ébranle vers l’espace de la ZACA dans un maquis très fréquenté. L’arrivée impromptue des policiers fait fuir d’abord les serveuses qui croient à un événement plus inquiétant au regard du contexte actuel. Elles sont rassurées par des membres de l’équipe. Mais sur place, le gérant n’a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive.

Lorsqu’il comprend le but de la manœuvre, il tente difficilement de camoufler le mégot de cigarette qu’il savourait voluptueusement parmi les autres clients du maquis. Mais trop tard. Il est verbalisé sur place pour non-respect du décret portant interdiction de fumer dans les lieux publics. Ses documents d’identité lui sont retirés avec la consigne de passer les chercher plus tard au commissariat après paiement de la contravention. L’indélicat jeune homme se montre coopératif et se confond en excuses.

Son attitude diffère totalement de celle d’un autre homme téméraire assis quelques chaises plus loin avec une cigarette au coin des lèvres. Un acte de défiance qui lui vaut de vives remontrances des policiers. En vérifiant son identité, l’homme n’avait qu’une photocopie non légalisée de sa pièce d’identité. Son refus d’obtempérer, sa violation de la loi lui valent d’être embarqué sous le regard de plusieurs badauds dont certains approuvent cette opération.

Le cortège s’ébranle dans un restaurant situé à quelques encablures où les organisateurs de l’opération se réjouissent de constater que le gérant a apposé de façon visible des affiches d’interdiction de fumer. Aucun contrevenant n’y est interpellé à la grande satisfaction de Salif NIKIEMA. Selon le coordonnateur de ACONTA, «cette sortie est salutaire d’autant plus qu’elle vise à protéger les non-fumeurs qui fréquentent les lieux publics».

Il rappelle d’ailleurs que « les contrevenants s’exposent désormais au paiement d’une amende pouvant aller jusqu’à 15 000Frs ». Le responsable du Réseau des journalistes antitabac Abdoul Wahab NOMBRE ajoute lui aussi que « le gouvernement a bien fait de passer du stade des sensibilisations classiques à cette opération coup de poing. Cela témoigne qu’on est passé à une autre étape de la lutte antitabac au Burkina Faso ». L’opération se poursuit ainsi toute la nuit selon le même scénario. Plusieurs personnes sont verbalisées dans les lieux de réjouissance et de spectacles pour y avoir fumé.

La loi antitabac du BF a été votée en 2010. En 2011, le décret 2011-1052 du 30 décembre 2018 frappe d’une amende allant jusqu’à 15 000frs toute personne qui fume dans les lieux publics clos suivants : lieux de spectacles, boites de nuit, discothèques, hôtels, bureaux administratifs, formations sanitaires, salles de réunion, salles de sport, lieux de distraction, centres de la petite enfance, etc. Pour le substitut du procureur, point focal de la lutte contre les drogues et le tabac, Charles Le Bon KABORE, «c’est un message fort envoyé aux fumeurs pour leur dire qu’ils s’exposent aux rigueurs de la loi».

Cette opération s’inscrit dans la dynamique des activités commémoratives de la Journée mondiale sans tabac. Plusieurs activités sont au programme. En plus de cette campagne de répression, il est prévu des journées portes ouvertes sur le centre de sevrage tabagique, des conférences publiques, des émissions, etc.

 

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