Coup d'état du 16 septembre

Réouverture du procès du putsch manqué: les trois anomalies des avocats de la défense

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Trois avocat de la défense dans le cadre du procès du putsch manqué étaient face à la presse ce lundi à Ouagadougou. Me Christophe Birba, Me Mathieu Somé et Me Dieudonné Bonkoungou disent prendre l’opinion publique à témoin sur trois anomalies notées à seulement deux jours de la réouverture du procès.

La Première anomalie est relative à, la question de la juridiction de jugement. « Le président Ouédraogo est nommé président de la Chambre de jugement alors que la Chambre de jugement n’existe plus. Le parquet militaire a voulu forcer et nous avons insisté et ils sont revenus à la raison en corrigeant certains actes notamment la citation. Mais ce qui va se poser comme problème à la prochaine audience, c’est que le décret n’a pas été repris », affirme Me Mathieu Somé. Pour les avocats Seydou Ouédraogo n’est toujours pas reconnu.

 Concernant la deuxième anomalie le collège des avocats estime  que « ce sont leurs adversaires au procès, qui choisissent les juges ». A en croire Me Birba, les juges qui trancheront sur l’affaire du Coup d’Etat ont été nommés par René Bagoro. « C’est lui qui a proposé la liste (des juges, ndlr) qui a été signé par le Président, le Premier ministre, le ministre de la Défense et lui-même », indique Me Mathieu Somé, avocat des prévenus.

René Bagoro, actuel ministre de la justice, avait été séquestré par des éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle lors du Coup d’Etat alors qu’il était ministre de l’habitat en son temps. « Il a été constitué partie civile », commente Me Birba qui estime que « c’est un boulevard pour notre condamnation que ce soit le plaignant qui nous juge par personne interposée. Il n’est pas acceptable que nous nous taisons là-dessus . Ce sont des juges choisis par l’exécutif. C’est une immixtion» Selon Me Birba aucun magistrat ne peut être nommé par décret du pouvoir exécutif. En citant l’article 134 de la Constitution, il indique que cela relève du Conseil supérieur de la magistrature.

Et enfin, la troisième anomalie notée est l’empressement avec lequel le procès a été reprogrammé malgré les irrégularités. Les avocats de la défense y entrevoient donc une volonté manifeste de condamner les inculpés. Et à la question de savoir s’il faut s’attendre à un autre report, les conférenciers du jour restent évidemment très évasifs sur la question avant d’ajouter « Nous n’avons pas intérêts à ce que la justice soit bâclée »

 

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