Santé: Gratuité des soins, 21 milliards FCFA de dette à la CAMEG

Le ministre de la Santé, Pr Nicolas Méda, a échangé, le mardi 18 décembre 2018 à Ouagadougou, avec les journalistes sur les infrastructures sanitaires réalisées depuis 2016, la mise en œuvre de la gratuité des soins au profit des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et les nouveaux chantiers de son département pour 2019.

De 2016 au 31 octobre 2018, 135 nouveaux Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) ont été construits et normalisés, dont 107 déjà équipés. 86 autres CSPS sont en cours de construction et d’équipements. La Boucle du Mouhoun et le Plateau central seront les mieux lotis avec respectivement 22 et 18 nouveaux centres de santé primaire. 14 CSPS des chefs-lieux de communes rurales ont été transformés en Centres médicaux (CM) et 33 autres sont en cours. L’objectif du département est de transformer 286 CSPS en CM, sur une période de cinq ans.

Le besoin en hôpitaux de district est estimé à 70 et 44 sont déjà aménagés. Cinq le seront en 2019. Plusieurs centres hospitaliers régionaux sont en chantier avec des taux d’avancement allant de 34 à 92%. Ces données ont été rendues publiques, le mardi 18 décembre 2018 à Ouagadougou, au cours d’une rencontre entre le ministre de la Santé et des journalistes. Selon le Pr Nicolas Méda, la réalisation de ces infrastructures visent à « garantir à tous, l’accès à des soins de qualité », à travers une couverture sanitaire universelle.

« Nous voulons faire de sorte qu’un Burkinabè ne marche pas plus d’une heure (soit 5 km), avant d’atteindre la première formation sanitaire », a-t-il mentionné. Pour les centres de santé de base, le ministre est convaincu que l’objectif sera doublé d’ici à 2020. Dans le but de rapprocher les populations des services de santé, le département du Pr Méda a entrepris de les doter de matériels roulants. «En 2019, chaque commune aura droit à une ambulance», a soutenu Nicolas Méda.

L’exécutif a un projet d’acquisition de 262 véhicules de transport de malades et de 30 ambulances de soins d’urgence pour les transferts interrégionaux. «Ce sont des vannes plus équipées que les ambulances ordinaires pour maintenir les gens en vie», a-t-il expliqué. Dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, le ministre de la Santé a annoncé la création du Service d’assistance médicale d’urgence (SAMU). Aussi, il sera mis en place un Centre de régulation des appels d’urgence. Le contenu des offres de soins sera également amélioré.

Le ministre de la Santé a indiqué que l’exécutif a mobilisé, à cet effet, entre 17 et 20 milliards F CFA pour mettre à niveau les plateaux techniques des centres de santé et médicaux. Plus de 800 médecins sont inscrits dans différentes filières de spécialisation. «Nous avons des brebis galeuses dans la santé» L’une des priorités du gouvernement est aussi de protéger financièrement les usagers. Il s’agit de faire en sorte que «les dépenses de la poche d’un patient ne dépassent pas 20% du coût des soins de santé » dont il a besoin.

La gratuité des soins au profit des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes s’inscrit dans ce cadre, a précisé Pr Nicolas Méda. Selon des informations, cette opération prendra fin du fait que l’Etat n’arrive pas à payer ses dettes aux entreprises pharmaceutiques. «C’est une grosse rumeur… La gratuité ne va pas s’arrêter», a répondu le représentant du secrétaire technique chargé de la couverture sanitaire universelle, Dr Gérard Nonkané. Toutefois, le ministre Méda a reconnu que le programme a rencontré «d’énormes difficultés» en 2018.

Il a expliqué que de juin à décembre 2016, phase-pilote du programme, l’opération a coûté 16 milliards F CFA. Au cours de la programmation triennale du budget, l’Etat a inscrit pour 2017, 2018 et 2019, le même montant comme coût annuel de la gratuité. «On a programmé comme si 6 mois, valent 1 an. Voici le péché originel de la politique de gratuité. Il aurait fallu approvisionner 32 milliards FCFA», a affirmé Pr Nicolas Méda. Ce qui a conduit certains centres de santé à offrir des services alors qu’ils n’avaient rien reçu du gouvernement à cet effet. Plusieurs d’entre eux ont accumulé des prêts auprès de la Centrale d’achat de médicaments essentiels génériques (CAMEG).

«Aujourd’hui, ces dettes avoisinent 21 milliards F CFA », a précisé le ministre. Du coup, 23% de demandes de médicaments ne sont pas satisfaites. «2e problème, nous avons des brebis galeuses dans la santé», a-t-il admis. Mais, Pr Méda s’est voulu rassurant : les problèmes sont en voie de résolution et la CAMEG aura son argent. Pour cette année, l’opération sera approvisionnée entre 26 et 27 milliards FCFA.

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