Sport: L’ex patron de la Fédération international d’athlétisme Lamine Diack a été mis en examen

L’ancien patron de la Fédération international d’athlétisme Lamine Diack a été mis en examen des chefs de corruption passive et blanchiment aggravé. Placé sous contrôle judiciaire, il est soupçonné d’avoir touché de l’argent pour couvrir le dopage d’athlètes russes.

«Que l’on ne vienne pas me dire que nous avons couvert un système de dopage institutionnalisé, c’est totalement faux», affirmait l’ex-président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) Lamine Diack, toujours en fonction à ce moment-là, dans une interview accordée au Figaro. Un démenti qui faisait suite aux accusations de deux médias, la chaîne allemande ARD et le quotidien dominical anglais Sunday Times au sujet des pratiques en matière de dopage en Russie et au Kenya. Un dopage généralisé et surtout caché par certains membres des instances internationales, disait-on. En janvier, l’Agence mondiale antidopage avait mis en place une commission d’enquête dont les résultats devraient être connus sous peu et plusieurs têtes sont rapidement tombées suite à ce scandale, notamment en Russie, avec le président de la fédération, Valentin Balakhnichev, mais aussi le fils de Lamine Diack, Pape Massata Diack, chargé de mission marketing au sein de l’IAAF.

Interdiction de quitter le territoire national pour Lamine Diack

Lamine Diack, qui a passé la main au Britannique Sebastian Coe l’été dernier, lui, a vu son bilan terni par les affaires de dopage. Le voilà désormais au cœur des attentions de la justice. En l’occurrence, l’ancien dirigeant sénégalais a été mis en examen par deux juges françaises pour corruption passive et blanchiment aggravé, comme le rapporte l’AFP, en s’appuyant sur une source judiciaire. Placé sous contrôle judiciaire, il a été laissé libre mais a l’interdiction de quitter le territoire national. L’avocat Habib Cissé, conseiller juridique de M. Diack, a également été inculpé pour corruption passive, toujours selon la même source.

Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir touché de l’argent de la part de la Fédération d’athlétisme russe pour avoir dissimulé des cas de dopages d’athlètes russes, comme le précise I-Télé. Enfin, Gabriel Dollé, un médecin qui était en charge de la lutte antidopage à l’IAAF jusqu’à la fin de l’année dernière, a quant à lui été placé en garde à vue à Nice. «Ces dernières années, en athlétisme ou dans d’autres sports, des sportifs russes ont été contrôlé positifs et ils ont été suspendus. Donc affirmer qu’il y a du dopage en Russie est fondé, reconnaissait M. Diack dans nos colonnes, lui qui n’a pas encore réagit aux poursuites dont il fait l’objet au moment d’écrire ces lignes. En revanche, affirmer qu’il est systématique et organisé, c’est une toute autre chose. La Russie doit balayer devant sa porte. Et je pense qu’elle va le faire.» Visiblement, la justice française entend aussi balayer devant sa porte.

Dénonciation de l’Agence mondiale antidopage

C’est le parquet national financier, après une rapide enquête préliminaire, qui a confié le 1er octobre une information judiciaire à des juges financiers, les mêmes qui ont mis en examen lundi Lamine Diack. Laquelle enquête a débuté en août, quand le parquet national financier a reçu un signalement de l’Agence mondiale antidopage (AMA). L’AFP assure, en s’appuyant sur une source proche du dossier, que les contrôles antidopage de «deux ou trois» athlètes russes sont concernés. Mais d’autres sportifs, pas uniquement russes d’ailleurs, pourraient également être concernés… En résumé, les investigations des enquêteurs français n’en sont probablement qu’à leur début et d’autres auditions pourraient bien avoir lieu rapidement.

LEFIGARO

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