Le département de la Culture a sommé, ce 6 août 2026, l’artiste Kosa Pic de retirer sans délai de toutes les plateformes numériques les publications liées à sa récente création artistique, jugées contraires aux bonnes mœurs.
En cas de refus d’obtempérer, Issaka Ouédraogo, âgé de 29 ans et connu sous le nom de scène Kosa Pic, s’expose à une interdiction d’exercer le métier d’artiste, en plus d’éventuelles poursuites judiciaires prévues par la loi burkinabè.
Une injonction du ministère de la Culture
Cette mise en demeure intervient alors que Kosa Pic s’est révélé au grand public en 2023 grâce à des textes crus abordant essentiellement des thématiques liées à la sexualité.
Par ailleurs, cette injonction s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des contrôles exercés par les autorités burkinabè sur les productions artistiques.
En effet, le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme avait déjà annoncé, en mai 2026, la mise en place d’un dispositif national de contrôle face à une recrudescence de dérives constatées dans certaines œuvres et prestations.
Kosa Pic déjà condamné pour son clip Zaaka
Ce n’est en effet pas la première fois que Kosa Pic se retrouve dans le viseur des institutions burkinabè. En septembre 2024, le Conseil supérieur de la Communication avait exhorté les citoyens et les médias à ne pas relayer son clip intitulé « Zaaka », que l’institution avait qualifié d’images érotiques accompagnées de paroles vulgaires.
Cependant, l’artiste avait tout de même écopé, en juillet 2025, d’une peine de six mois de prison avec sursis ainsi que d’une amende de 250 000 FCFA, également assortie du sursis, pour la diffusion de ce même clip.
Kosa Pic sous le coup d’un cadre légal renforcé
Cette nouvelle sommation s’appuie ainsi sur un arsenal juridique récemment consolidé, puisque la loi n°004-2025/ALT du 27 mars 2025 portant statut de l’artiste interdit désormais toute promotion d’œuvres portant atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs.
De plus, le ministre de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, avait publiquement averti les artistes et promoteurs culturels contre la diffusion de contenus jugés incompatibles avec les valeurs burkinabè.
L’affaire Kosa Pic illustre ainsi la volonté affichée des autorités de renforcer la régulation des contenus artistiques diffusés sur le territoire national.
