Les enquêteurs de la Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC) viennent de porter un coup d’arrêt définitif aux agissements de deux délinquants chevronnés. L’opération policière menée dans la ville de Bobo-Dioulasso a permis l’interpellation des nommés R.M. (alias « Oscar », 56 ans) et S.I. (alias « Schacool », 45 ans). Ces deux repris de justice s’étaient spécialisés dans l’ingénierie sociale et les malversations financières via les technologies de l’information.
L’enquête minutieuse ouverte par les policiers a révélé un préjudice financier global chiffré précisément à 3 877 150 francs CFA. Par ailleurs, les perquisitions menées dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité par la BCLCC ont débouché sur des saisies matérielles significatives.
Les forces de sécurité ont confisqué 39 cartes SIM d’opérateurs locaux, 9 téléphones portables d’origine frauduleuse et un cyclomoteur servant aux déplacements des suspects.
Le mode opératoire complexe basé sur le Mobile Money et l’ingénierie sociale
L’ingéniosité criminelle des deux suspects reposait sur une faille humaine liée à la gestion des portefeuilles numériques personnels. En effet, R.M. récupérait des Cartes Nationales d’Identité Burkinabè (CNIB) perdues pour enregistrer de nouvelles puces téléphoniques, tandis que S.I. extrayait des cartes SIM d’appareils volés.
Les escrocs exploitaient ensuite les services de vérification d’identité des opérateurs de téléphonie pour identifier la date de naissance des titulaires légitimes. Lorsque cette date servait par négligence de code secret pour le compte Mobile Money, ils vidaient instantanément les comptes des victimes.
Ainsi, la stratégie de la lutte contre la cybercriminalité par la BCLCC a permis de mettre à nu une seconde phase de l’arnaque. Les suspects contactaient les répertoires des puces volées en simulant une fausse opportunité d’affaire liée au commerce de miel avec l’Europe ou le Maroc, soutirant des frais de transport fictifs via un prétendu grossiste nommé « Vieux Issaka ».
Les orientations judiciaires et les consignes de Lutte contre la cybercriminalité
L’issue de cette opération policière d’envergure démontre l’efficacité de la coopération entre les différentes unités de la police judiciaire burkinabè. En effet, la BCLCC a formellement salué l’appui logistique et opérationnel fourni par le Service Régional de Police Judiciaire (SRPJ) du Guiriko tout au long des investigations.
Au total, les techniciens de la brigade ont réussi à identifier formellement 26 victimes directes de ce réseau criminel. Suite à leurs aveux complets durant les interrogatoires, les deux présumés cyber-escrocs ont été déférés devant le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Bobo-Dioulasso.
Face à la multiplication de ces arnaques aux gains rapides, les autorités rappellent l’importance de sécuriser ses codes secrets. En conclusion, la lutte contre la cybercriminalité par la BCLCC nécessite une vigilance citoyenne accrue et le signalement immédiat de tout comportement suspect sur les plateformes officielles.





















