Steve Amoussou libéré après deux ans de détention au Bénin

Le cyberactiviste béninois Steve Amoussou, condamné à deux ans de prison ferme pour des publications critiques du pouvoir, a quitté la prison civile d’Akpro-Missérété ce jeudi 20 août 2026, après avoir purgé intégralement sa peine, selon les informations confirmées par son avocat .

Âgé de 41 ans, il avait été identifié par la justice béninoise comme l’auteur présumé du compte « Frère Hounvi », un chroniqueur anonyme très suivi sur les réseaux sociaux pour ses critiques de l’ancien président Patrice Talon.

Une arrestation controversée au Togo

L’affaire concernant Steve Amoussou avait débuté loin des frontières béninoises, puisqu’il avait été arrêté le 12 août 2024 à Lomé, au Togo, par des individus qu’il a décrits comme des ravisseurs.

Ses avocats avaient dénoncé à l’époque un enlèvement, affirmant que leur client avait été conduit de force vers le Bénin avant d’être présenté au procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, qui l’avait placé sous mandat de dépôt le 20 août 2024.

Steve Amoussou : le mystère Frère Hounvi

Tout au long de la procédure judiciaire, Steve Amoussou a toujours nié être derrière le compte « Frère Hounvi », malgré les poursuites engagées à son encontre pour harcèlement par voie électronique, diffusion de fausses nouvelles et incitation à la rébellion.

Sa condamnation à deux ans de prison, prononcée en juin 2025, avait été confirmée en appel le 15 décembre 2025, sans modification de la peine initialement retenue par les juges. Quelques heures après sa sortie, l’activiste a confié qu’autour de 6h, j’étais déjà un citoyen libre.

Steve Amoussou : une opposition sous pression au Bénin

Cette libération de Steve Amoussou intervient dans un contexte de durcissement politique au Bénin, où plusieurs opposants ont été condamnés à de lourdes peines ces dernières années.

Julien Kandé Kansou, membre du principal parti d’opposition, avait également été libéré début août après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle, tandis que d’autres figures politiques comme Olivier Boko, Oswald Homéky et Reckya Madougou demeurent condamnées à des peines d’au moins dix ans de prison.

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