Sécurité : la région de l’Est à nouveau sous l’emprise des groupes terroristes

Enlèvements d’élèves, assassinats ciblés, viols, pillage des récoltes et du bétail, villages vivant sous blocus…, de l’avis des décideurs locaux, seule une nouvelle opération antiterroriste pourrait libérer la région de l’Est qui s’enfonce chaque jour dans une horreur indescriptible.

 L’opération « Otapuanu » avait suscité une lueur d’espoir au sein des populations de la région de l’Est. Pour preuve, juste après cette force militaire, une accalmie relative régnait et présageait de lendemains meilleurs.

Cependant, cet espoir semble s’estomper, peu à peu, avec la recrudescence des exactions des groupes armés ces temps-ci.

Selon le président du Conseil régional de l’Est, Paripouguini Lompo, certaines localités sont devenues de véritables no man’s land.

Le maire de la commune de Fada N’Gourma, Jean-Claude Louari, renchérit que les populations civiles, jadis épargnées, vivent l’horreur, aujourd’hui.

Il explique que les enlèvements, les assassinats ciblés, les viols et le pillage des récoltes et du bétail sont légion dans la partie orientale du Burkina Faso.

Par ailleurs, l’ancien maire de la commune de Madjoari, Mamoudou Ouoba, soutient que la dégradation de la situation sécuritaire dans la région de l’Est a favorisé la résurgence du grand banditisme. Pis, indique-t-il, braqueurs et terroristes travaillent en tandem. Une situation assimilable, d’après lui, à une série hollywoodienne.

Aux dires du maire Jean-Claude Louari, dans la province du Gourma, des bandes armées font la loi à Sanipenga, à Namoungou, à Tanwalbougou ainsi qu’à Natiaboani, les deux dernières localités, considérées comme les poumons économiques de la commune de Fada N’Gourma.

Au demeurant, selon M. Ouoba, les enlèvements sont devenus monnaie courante dans sa commune. «A la date d’aujourd’hui, 18 personnes, en majorité des scolaires, ont été enlevées par les terroristes», rapporte l’ex édile de Madjoari.

«Leur stratégie est d’obliger les paysans à adhérer à leur mouvement avant de les autoriser à aller travailler dans leurs champs », confie le maire de la commune de Fada N’Gourma, Jean-Claude Louari.

Pour lui, seule la résistance locale permettra de sortir l’Est de l’ornière. Mais avant, plaide-t-il, il faut nécessairement une seconde opération militaire à brève échéance. C’est aussi le vœu du président du conseil régional de l’Est. A l’issue de cette opération, les volontaires pourront prendre le relais, conclut-il.

Agence d’information du Burkina

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