Burkina: Rock Kaboré juge satisfaisant les 18 mois à la tête du pays

Dans un entretient accordé aux quotidien d’état le président Roch Marc Christion Kaboré a jugé son bilan à la tête du Burkina satisfaisant.

« Pour ma part, je considère que les dix-huit mois passés à la tête du pays sont positifs. La démocratie avance, la liberté de presse, la liberté d’expression sont des réalités au Burkina Faso.

Cependant, il y a quand même un bémol sur le plan de la culture démocratique, au regard de l’incivisme, au regard du fait que des citoyens pensent parfois qu’ils peuvent agir en dehors des lois de la République. Nous devons travailler à résoudre ces questions, tant du point de vue de la sanction que du point de vue de la sensibilisation.

La démocratie est un travail de longue haleine. Une autre préoccupation importante du moment est celle relative à la réconciliation nationale. C’est une préoccupation centrale de tous les Burkinabè. Notre pays a connu des périodes difficiles. Il faut trouver une formule pour solder les comptes et avancer.

A ce niveau, il y a un travail qui est engagé au niveau de la justice et qui va aboutir au dénouement de ces questions-là. Notre souhait est que le plus rapidement possible, justice soit rendue pour que les Burkinabè puissent se pardonner, envisager l’avenir avec sérénité et ne pas se polariser sur des questions dont certaines remontent parfois à 30 ans et qui empoisonnent l’atmosphère et constituent un blocage à l’unité des filles et fils du Burkina Faso.

Au plan économique, nous sommes dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Ce n’est qu’en décembre 2016 que s’est tenue la table ronde au cours de laquelle nous avons soumis le projet à la communauté internationale. Cette table ronde a connu un fort succès.

En termes de promesses d’engagements, le Burkina Faso s’en est sorti avec près de 18 mille milliards de FCFA. Cet engouement pour nous, est une preuve de la crédibilité et de la validité du programme que nous avons soumis aux partenaires. Pour le PNDES, sachez que vous avez d’une part les promesses et de l’autre, la mise en œuvre pour pouvoir mobiliser les ressources.

Une évaluation a été faite et à l’heure actuelle, nous comptons une cinquantaine de projets mûrs. Nous sommes actuellement dans la phase de mobilisation de ressources pour la mise en œuvre de ces premiers projets. Malgré un contexte difficile du fait des perturbations au niveau social, nous œuvrons pour la réussite du PNDES.

Comme vous le savez, les revendications sociales ont été importantes surtout dans les secteurs les plus sensibles comme le Trésor, les Impôts, les Finances. Les différentes perturbations, bien sûr, entraînent un ralentissement dans la mise en œuvre du PNDES.

La situation économique d’ensemble n’est pas facile. Autant les syndicats ont besoin d’améliorer leurs conditions de vie, je pense que nous devons autant allier nos revendications à l’intérêt général. Si nous ne travaillons pas pour accroître nos productions, comment pourrons-nous créer des ressources à même de contribuer à l’amélioration de nos conditions de vie ? Nous ne devons pas nous comporter comme ce paysan qui, sous le prétexte que son grenier est plein, refuse de cultiver.

Il oublie qu’en puisant dans son grenier pour se nourrir, ses stocks s’amenuisent et qu’il s’appauvrit dans les faits. Il est bon que chacun prenne conscience du fait que le développement du Burkina Faso n’est pas seulement l’affaire des autres mais l’affaire de tous. Chacun doit apporter sa contribution. Il faut bannir les raisonnements du genre « c’est vous qui avez dit que vous pouvez, c’est vous qui êtes au gouvernement, débrouillez-vous pour nous faire avancer ».

Ça, c’est trop facile ! Un pays se construit par l’ensemble de ses fils. Mais en tout état de cause, nous sommes déterminés à avancer dans la réalisation de ce programme. Je reste convaincu que le bilan de la réalisation du PNDES en 2020 sera positif. Enfin, au plan institutionnel, nous avons mis en place une commission qui travaille de façon consensuelle pour proposer une nouvelle Constitution aux Burkinabè ».  Roch Marc Kaboré




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