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Conseil supérieur de la communication : Nathalie Somé fait son bilan à la tête de l’institution

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Dans cet écrit Nathalie Somé, l’ancienne présidente du Conseil supérieur de la communication se dit satisfaite de ses années passés à la tête de l’institution. Elle juge son bilan assez satisfaisant même si elle reconnait qu’il y eu des erreurs. 

Après trois ans et demi passés à la tête du Conseil supérieur de la communication (CSC) et au moment de me décharger de cette noble, lourde, exaltante et difficile mission, je me fais l’agréable devoir de témoigner toute ma gratitude à toutes celles et à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien combien inestimable dans l’exercice de notre fonction.

Ce soutien allié aux attentes des citoyens burkinabé et à notre vision de la régulation ont permis au CSC de réaliser de grands chantiers innovants. Au nombre de ceux-ci, nous notons :

• la campagne de sensibilisation sur médias et cohésion sociale déroulée
pendant la transition ;
• la campagne d’éducation aux médias lancée le 15 mars 2016 ;
• le programme d’urgence sur la sécurité et le terrorisme ;
• le vaste programme de formation des journalistes et animateurs des
émissions interactives ;
• l’élaboration du plan stratégique 2017 -2021 du CSC ;
• l’organisation de la couverture médiatique des élections couplées présidentielle et législatives de novembre 2015 et des municipales de mai 2016.

Ces résultats qui font indubitablement notre fierté devraient également vous
enorgueillir car selon un dicton populaire « on ne trouve jamais ce qu’on ne cherche pas et seul l’effort sublime le succès ».

Sur ces chantiers, nous avons travaillé sans désemparer, donner le meilleur de nous-même, nous investissant sans nous faire prier. Aux résultats suscités, vous avez amplement contribué avec vos conseils, vos encouragements et vos bénédictions. Vous étiez là, vous étiez notre motivation et nous n’avons pas voulu vous décevoir. Ensemble nous y avions cru, ensemble nous nous sommes battus et ensemble nous avons inscrit des résultats dans la bonne marche de la nation. Le monde entier retient encore du Burkina l’organisation réussie des élections post insurrectionnelles.

Même s’il est difficile d’apprécier des efforts individuels dans des résultats collectifs, on ne peut nier le rôle combien important joué par le CSC dans l’organisation de ces élections. Réfuter l’évidence relève de la phobie qui émane de la catégorie des
personnes qui ont peur de la réussite des autres. Avons-nous réussi ? Tout est perfectible en ce monde.

Du reste, le succès ce n’est pas seulement à ce que l’on a accompli mais c’est aussi ce que l’on inspire comme actions aux autres. Durant notre mandat, le CSC n’a cessé d’être une école pour des instances sœurs de la régulation. Des missions d’études nous en avons reçues et nos modèles d’organisation ont été dupliqués. 
Le code de bonne conduite et les innovations introduites dans la mise en œuvre du principe de l’égal accès aux médias publics par les candidats aux élections sont entre autres des modèles qui ont séduit et qui ont fait des émules dans la sous-région.

Devrons-nous taire toutes ces réalisations ?

NON, me réjouissant de ces acquis, je voudrais du fond du cœur dire un grand merci à toutes les femmes et à tous les hommes, jeunes et anciens toutes catégories socioprofessionnelles confondues qui nous ont manifesté sincèrement leur soutien durant notre mandat. 
Un Monsieur m’a dit un jour de grande affliction « celui qui abandonne son droit à l’erreur, abandonne sa capacité d’apprendre de nouvelles choses et d’aller de l’avant ». J’ai une pensée particulière pour ce monsieur que je garde en haute estime. Je voudrais lui dire que j’ai effectivement appris.

J’ai appris avec Eleanor Roosevelt qu’on doit toujours avancer quelle que soit la situation. « Fais ce que ton cœur te dit de faire, tu seras critiqué de toute façon, quoique tu fasses on te donnera tort. » 
J’ai appris que chacun de nous a droit à sa propre opinion sur tout, à tort ou à raison et que même si c’était le cas tout le monde n’a pas droit à ses propres faits, auquel cas on confond liberté et autoritarisme qui sape les fondements du vivre ensemble.

Le Burkina post insurrectionnel ne sera un modèle que s’il prospère ; que si son modèle de développement est inclusif et inscrit au cœur de l’action la création et l’innovation. Mais comment y arriver quand notre pays est menacé dans sa culture, dans ses croyances profondes, dans sa solidarité nationale face à ce qui est désormais qualifié de vitalité démocratique. 
L’audace de la fraternité est devenue un délit au point où certains s’arrogent le droit de dénier la dignité à leurs compatriotes.
Oui cher(es) ami(es) ensemble nous avons appris des leçons de vie. Par exemple que le consensus ne se construit pas seul. Il faut une volonté commune de bâtir, une communauté d’idées, d’objectifs et de destin. En cela je me réjouis des avancées que nous avons réalisées au CSC dans cet esprit de consensus.

Le plan stratégique 2017- 2021 en est la parfaite illustration. Je dois une fière chandelle à l’ensemble du personnel du CSC et plus particulièrement aux proches collaborateurs pour la communauté de vision qui a permis de surmonter les nombreuses difficultés pour parvenir à ce résultat probant.

Des erreurs, nous en avons commises certainement, mais ma conviction est que l’erreur n’annule aucunement la valeur de l’effort accompli. D’où mon souhait que chaque collaborateur à quelque niveau que ce soit puisse continuer de servir efficacement notre chère Patrie, le Burkina Faso. Je voudrais rendre un hommage mérité à mes prédécesseurs pour le remarquable travail de devanciers qu’ils ont abattu. 
A feu Adama Fofana pour la fondation qu’il a su poser, à Luc Adolphe Tiao pour l’élargissement des compétences de l’institution, à Béatrice Damiba pour l’ancrage institutionnel du CSC. J’associe à ces hommages, mes homologues du REFRAM, du RIARC, de l’IBRAF et de la Plateforme des instances de régulation de l’espace UEMOA et de la Guinée pour toutes les réflexions communes menées en vue du renforcement de la démocratie en Afrique.

Je n’oublie pas mes défunts parents dont les bénédictions m’ont toujours accompagnée. A ma mère, pour qui, être femme n’a jamais été un privilège mais une contrainte car toujours obligée de se battre contre les préjugés, l’hostilité, l’isolement afin que ses qualités et ses talents soient reconnus. Je voudrais également saluer le travail de la presse burkinabé dans son ensemble. 
Je connais les difficiles conditions de travail des journalistes mais je connais aussi leurs capacités à se mouvoir vers le haut ; c’est pourquoi je les exhorte à davantage de professionnalisme afin de faire de notre pays un havre de paix et de prospérité.

Je renouvelle mes remerciements aux plus hautes autorités pour la confiance placée en moi. Je voudrais clore mon propos en présentant toutes mes excuses à toutes les personnes que j’ai pu heurter, offenser ou blesser dans l’exercice de ma fonction. Je rends grâce à Dieu pour tout ce qu’il a permis durant ce mandat. 
Seigneur faites que je me juge telle que je suis et non tel que le monde voudrait que je sois et que je demeure toujours dans la vérité.

Dieu bénisse le Burkina Faso.

Nathalie Somé

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