Dédougou: 15 mois de prison pour des GSP

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Cinq éléments de la Garde de sécurité pénitentiaire (GSP) ont été jugés ce vendredi 11 mai 2018 devant la Chambre criminelle de Bobo-Dioulasso, délocalisée à Dédougou. Ils sont accusés de coups mortels sur le détenu I.Z.B.

Tous ont rejeté les faits tout au long de la procédure et à la barre. En effet, en fin de matinée du 19 février 1999, deux détenus (I.Z.B et T.Y.) de la Maison d’arrêt et de correction de Nouna dans la province de la Kossi, prennent la poudre d’escampette pendant qu’ils étaient commis à la recherche du bois pour leur cuisine.

Alertés, les éléments de la GSP partent à leurs trousses. Si T.Y. a pu être maîtrisé non sans difficulté, les éléments de la GSP expliquent à la Cour, que I.Z.B, déterminé à se soustraire de la prison, a opposé une résistance. Même les trois tirs de sommation ne l’ont pas dissuadé, poursuivent les accusés dans leurs explications. Face à une telle résistance, les GSP disent avoir fait usage des gestes techniques professionnels d’intervention (G.T.P.I) pour le stopper dans son évasion après, six kilomètres de course poursuite. Ramenés à la Maison d’arrêt et de correction, les deux évadés seront isolés dans des cellules disciplinaires.

C’est dans sa cellule, selon les témoignages à la barre, que I.Z.B a éprouvé des problèmes de santé auxquels il n’a pas survécu. Estimant que leur fils a fait l’objet de violence pendant sa détention suite à laquelle il est mort, les parents du détenu ont porté plainte contre les agents de la sécurité pénitentiaire qui l’ont ramené de sa fuite. Le parquet général a reconnu que le défunt a bel et bien fait l’objet de violence, sans l’intention de lui donner la mort. D’ailleurs, poursuit le parquet général, cette violence est légale, du moment où la loi donne la latitude aux GSP de faire usage de la force pour maîtriser les détenus en cas d’évasion. De ce fait, le procureur général, en demandant à la Cour d’être« très clément », a souhaité que les accusés soient déclarés coupables des faits de coups mortels sur I.Z.B.

En répression, le procureur général a requis 15 mois de prison assortis de sursis pour tous les prévenus. Quant aux conseils des accusés, ils ont tous souhaité que leurs clients soient purement et simplement relaxés, parce que c’est dans le cadre de leur activité que cet incident malheureux est survenu.

La Chambre criminelle, dans sa décision, a requalifié les faits de coups mortels en homicide involontaire et a déclaré quatre des cinq prévenus, coupables de ces faits requalifiés. En répression, ils ont été condamnés à une peine d’emprisonnement de 15 mois avec sursis.

Le cinquième accusé a été acquitté par les juges, pour infraction non constituée.

AIB

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