Insurrection Populaire des 30 et 31 Octobre 2014: voici ce qui s’est passé dans la ville de Ouagadougou




Selon la Commission d’enquête Indépendante dans certains points de la ville de Ouagadougou ce sont les manifestants qui ont provoqués la mort de d’autres manifestants. Extrait
  • Au domicile de GUIRO Malissaratou

samaAu domicile de la conseillère municipale GUIRO Maissaratou au quartier Zongo (Cf PVA n°06/2015), des manifestants ont provoqué un incendie le 30 Octobre 2014.

Le jeune Issa SAMA, un apprenti mécanicien a été surpris par les flammes et y est décédé suite aux brulures. Son corps a aussitôt été transporté A la clinique SUKA ou son père l’a retrouvé bien plus tard, après de laborieuses recherches.

Les personnes qui ont causé l’incendie  à  l’origine du décès n’ont pu être identifiées.

  • Place la place des Nations Unies

Il s’agit de la place encore appelée Rond-point des Nations Unies. Elle était principalement sécurisée par la CRS avec A sa téte le Commissaire Kalo Olivier SANOU. La CRS, force de 1ère catégorie, a le droit et les prérogatives d’intervenir dans le maintien de l’ordre de sa propre initiative sans attendre forcément une réquisition.

Dans le cadre du maintien de l’ordre au 30 octobre 2014, les équipes de la CRS avaient été placées dans les points où pourraient se constituer des attroupements en vue de rallier le rond-point des Nations Unies. Aucun décès n’a été enregistré dans la zone occupée par la CRS. Il a cependant été noté des blessés graves suite à des coups et blessures ayant entrainé des temps d’inactivités importants. Certains des manifestants- victimes de violences aux alentours du siège de l’ONATEL par des éléments de la CRS en patrouilles, Ont été convoyés nu Commissariat Central de Police de Ouagadougou. Mais ils ont été libérés quelques heures plus tard sur instructions de la hiérarchie lorsque des manifestants menaçaient d`attaquer le Commissariat. La CEI n’a pu identifier les agents concernés, étant donné la grande mobilité des équipes d’une part, et d’autre part leur nombre et l’absence de registre mentionnant les chefs d’équipes qui ont remis les manifestants au commissariat.

  • Au siège de I ‘Assemblée nationale

anLa devanture du siège de l’Assemblée nationale et de I’Hôtel AZALAI où logeaient des députés étaient sous la protection des éléments du RSP dont le Chef des Opérations était le Lieutenant-colonel Yacouba Isaac ZIDA. Il y a eu des tirs de sommation dans cette zone, mais aucun blessé ni décédé n’y a été constaté du fait desdits éléments.

Toutefois, il a été relevé le décès d’Aimé Adi Junior BARRY dans la piscine de l’Hôtel Azalai. Il a été retrouvé mort dans la piscine. Aucun examen médico-légal n`ayant été accompli depuis octobre 2014, rien ne permet de confirmer ni d’infirmer qu’il s’agit d’une noyade. Les images exploitées dans le cadre de l’enquête montrent que ce jour-la, plus d’une vingtaine d’adolescents s’étaient retrouvés dans la piscine pour une partie de baignade, peu après l’incendie de l’Assemblée nationale et le saccage de l’hôtel. C’est probablement dans ces circonstances que l’intéressé y a trouvé la mort (cf diapositives de l’Hebdomadaire Bendré du lundi 03 novembre 2014).

  • Dans le quartier Zogona et au domicile de Assimi KOANDA

Des personnes non identifiées, décrites comme étant habillées en tenue civile ont été aperçues, postées au domicile d’Assimi KOANDA. De nombreux témoins affirment qu’elles étaient armées et ont même tiré, sur des manifestants qui se sont rendu au dit domicile. La CEI a reçu quatre personnes (Kalouda DIAPA, Jean  Valentin TIENDREBEOGO, B. Raymond ZOUNGRANA et Issouf YOADA) qui ont déclaré y avoir été blessées par balles. Débordés, les éléments en tenue civile et armés, ont pris la fuite, en tirant en l’air. Le quartier abritant de nombreuses écoles, certains habitants ont voulu les maitriser pour éviter un danger aux enfants qui fréquentent la zone. Un des habitants a été victime, dans ces circonstances, de coups et blessures volontaires, en recevant un coup violent de pierre par un des compagnons de la personne armée qu’il avait pu maitriser.  Les recherches et recoupements de la CEI n’ont pu permettre d’identifier les personnes en cause. Les tentatives d’entrer en contact avec Assimi KOANDA sont restées vaines. Il serait hors du pays.

En l’état actuel de l’enquête, seul lui peut répondre des blessés par balles à son domicile, étant entendu qu’un dispositif de sécurité ne peut y être installé à son insu et sans son consentement.  A défaut donc de répondre de l’usage des armes sur des populations non armées, il devrait pouvoir donner l’identité de ceux qui étaient commis à la sécurité de son domicile.

  • Aux alentours du siège de l‘Agence BICIA-B Gounghin

Un jeune du nom d’Albert KALMOGO qui avait quitté son domicile le 31 octobre 2014 pour aller manifester en ville, a été victime d’un accident de la circulation aux environs du marché de Gounghin. Projeté au sol par un motocycliste, sa tête aurait heurté les bordures de la Nationale n°1 face au siège de l’agence de la BICIA-B Gounghin. ll a appelé un de ses frères au secours, lequel l’a transporté successivement au Centre Médical Urbain (CMU) de Gounghin, puis au CHU-YO où il est décédé plus tard des suites de ses blessures.

Les circonstances de l’accident n’ont pu être élucidées, faute de témoins. (Cf. PVA.n°08/2015).

Selon  les dires de celui qui a secouru le défunt de son vivant, l’accident serait dû à des fuites de manifestants face aux patrouilles de la police. Des forces de sécurité on  effectivement sillonné la ville ce 31 octobre 2014  et rien ne permet d’infirmer  les déclarations du défunt, car au demeurant, un accident similaire s’est produit le même jour dans les environs du siège du Salon international  de l’Artisanat de Ouagadougou (SlAO) (Cf. PV/A n° 260/2016).

 

  • Au siège de l’Agence CORIS  BANK International face au SIAO

Le 30 octobre 2014, le siège de CORIS BANK International (CBI) sis dans la zone du SIAO a été la cible d`une tentative de pillage. Le système de sécurité y installé a provoqué une électrocution, ce qui a occasionné le décès de Kibsbila Issouf OUANGO ainsi que des blessés.

 

  • Dans le magasin de stockage de lnoussa KANAZOE à Tampouy sur l’Avenue Yatenga

rizNAYETE née FOFANA Mariam a appris fortuitement que son fils mineur et la servante s’était rendus au magasin de Inoussa KANAZOE où un pillage de vivres avait cours. Elle a alors décidé d’y aller pour chercher son enfant et dissuader la servante.

C’est en recherchant sa progéniture dans la foule que l’alerte d’une arrivée des forces de sécurité a provoqué une bousculade. Elle est tombée dans ces circonstances, sa tête a heurté violemment une dalle en béton et elle a perdu connaissance. Transportée au CHU-YO, elle est décédée vers 19 heures.

  • A la Maison d’A arrêt et de Correction de Ouagadougou (MA CO)

Dans la ferveur de l’insurrection qui se développait dans tout le pays, les détenus de la MACO qui ont suivi les événements dans les médias télé et radios depuis leurs cellules de détention, sont entrés en mutinerie dans la nuit du 30 octobre.

Face aux tentatives d’évasion constatées et à la généralisation du mouvement des détenus, des éléments de la GSP ont dû effectuer des tirs pour empêcher les évasions. La gendarmerie a même été appelée en renfort. Il a été enregistré ce jour-là trois décès : Romuald COMPAORE, Robert QUEDRAOGO, Marcel ZONGO.

Par la suite, il y a eu une aggravation des conditions de détention. Cela a été expliqué par l’indisponibilité de plusieurs cellules qui auraient été saccagées au cours de la mutinerie. Dans une des cellules, un détenu serait décédé sur place (Bertrand BOU DA) el l’autre plus lard après évacuation au CHU-YO ( Rasmané KOUANDE).

  • Au siège du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP)

Après l’incendie de l’Assemblée nationale, des manifestants se sont dirigés au siège du Congrès pour la Démocratie et le Progrès où avaient été installés des hangars pour fêter la révision. Ils ont mis le feu à une soixantaine d’engins, puis ont incendié les locaux du siège lui-même. Or, certains cadres du parti tenaient une réunion dans les locaux. Ainsi, Salif OUEDDRAOGO Olivier KINI, Joseph Dieudonné OUEDRAOGO et  Eulalie YARBANGA ont été surpris par les flammes à l’intérieur du bâtiment. Salif OUEDRAOGO en est mort et les autres ont été grièvement blessés.

  • A Gampéla

Le 30 octobre 2014, au cours d’un pillage de vivres dans un  magasin de stockage appartenant au Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA), y a eu un éboulement des sacs entreposés. Des sacs sont tombés sur Ablassé ILBOUDO. Evacué au CHU-YO, il est décédé le même jour.

  • Dans la zone du Grand Marché de Ouagadougou

Le 30 octobre 2014, S. Augustin COMPAORE qui se rendait il la Place de la Nation pour prendre part aux manifestations a reçu sur le Visage une grenade lacrymogène tirée par les CRS aux alentours du grand marche. Il en a été grièvement blessé et a eu un temps d’inactivité.

  • Dans les alentours du Commissariat Central de Ouagadougou

Le 30 octobre 2014, l’Assistant de police Tanimoun BAKATSINE assurait, avec son équipe, un escadron de sécurité autour du  Commissariat Central de police de Ouagadougou. Il a été blessé par les projectiles de manifestants non identifies. Il a été  grièvement blessé il l’œil.

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