Procès des 22 Ex-RSP : « Moi on ne m’a pas torturé mais ils ont humilié ma famille » dixit Soulama Seydou

Jour 3 du procès des militaires de l’Ex RSP sur l’attaque de la poudrière de Yimdi aujourd’hui 30 mars 2017. En effet, si depuis le début du procès les  « manœuvres et tortures à la gendarmerie»  dénoncées sont récurrentes, la date d’aujourd’hui ne fait pas exception. En effet, les militaires Yonli Andy, Djimaldine Napon, le sergent Coulidiati Salif, Traoré Issouf Soulama Seydou et Zongo Amado se sont succédé à la barre.  

Yonli Andi se présente à la barre. Poursuivi pour désertion et complot militaire, celui-ci refute les deux thèses. Il indique par la même voix que lorsqu’il était à la gendarmerie pour sa déposition, on lui a notifé, (les gendarmes ndlr) que le soldat Djerma a été abattu à Bobo et que par conséquent il devrait tout lui reverser sur le dos. Ensuite poursuit-il, le « juge d’instruction m’a dit que lui il sait qu’il y a des gens qui vont durer à la MACA ». C’est l’argument invoqué par l’accusé pour illustrer les manœuvres dont ils auraient été victimes par les gendarmes. Pendant donc que la plupart des prévenus chargent les soldats qui ont été tués, l’occasion est saisie par le Commissaire du Gouvernement Alioune ZANRE pour dire que « c’est immoral de mettre en accusation des disparus qui ne peuvent plus se défendre. A ce titre il indique qu’un des accusés pas encore auditionné a prévenu que si on voulait lui mettre  tout sur le dos, il faudrait prévoir un ring lors de son procès ».

Pourtant, Me KABRE à la défense dit s’attacher aux preuves matérielles car il dit ne pas comprendre comment en une année d’instruction, il n’y ait aucun relevé téléphonique entre tous ces prévenus.

J’ai demandé 3 fois la permission en vain, donc je me suis octroyé cette permission

TRAORE Issouf est le 4ème à se présenter. Il explique les circonstances de sa désertion. Pour lui, il aurait demandé à 3 reprises la permission à son supérieur qui a refusé. « Il m’a dit que si je n’aime pas, de faire ce que je veux. Donc j’ai fait ce que je veux » a-t-il ajouté afin d’indiquer comment il s’est retrouvé en Côte d’Ivoire avec les autres avant de revenir pour l’attaque des postes de Yimdi. « Une fois de plus, le commissaire du gouvernement relève que le procès en cours n’est pas un lieu de spectacle et demande un peu de bonne foi de la part des ex RSP.

Soulama Seydou est alors appelé à la barre. Il explique entre autres choses que c’est le Sergent chef Ali Sanou qui avait écrit les noms de ceux qui devraient être « liquidés ».

« Moi je n’ai pas été torturé mais… »

Au nombre de ceux-là Salif Diallo, l’actuel Président de l’Assemblée Nationale, l’ex CEMGA Pingrenooma Zagre, le colonel Coulibaly, etc. Ensuite il explique que lui n’a pas été torturé par la Gendarmerie comme les autres l’indiquent, mais aurait subi pire que cela. « Lorsque j’étais à la MACA, ils ont arreté mon père, le trimballer jusqu’à Paspanga. Mon petit frère élève également a été arrêté puis detenu pendant deux semaines sans aucune charge. Mon autre frère également, un militaire, a été arrêté…Ils l’ont mis avec moi dans la même cellule. Ils m’ont conduit devant mon père pour me dire de le regarder, ils ont dit à mon père que j’étais un diable, que mon père est RSP et ma mère aussi. Que je suis un assasin…» C’est Zongo Adama qui est ensuite appelé à la barre peu avant que l’audience ne soit suspendue.

 

 

 

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