Putsch manqué : les putschistes se seraient servis d’un beau parent du président Kafando

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L’adjudant Ardjouma Kambou a déclaré samedi à la barre du Tribunal militaire, avoir été choisi par les putschistes comme tête du cortège du Général Gilbert Diendéré, à cause de ses liens de parenté avec l’épouse du président de la Transition Michel Kafando.

C’est dans son grin de thé que l’adjudant Ardjouma Kambou qui portait le grade de sergent-chef au moment des faits, dit avoir appris à la radio, le 16 septembre 2015, l’arrestation des autorités de la Transition.

Lui qui n’était pas de service décide tout de même de se rendre au camp car dira-t-il à la barre «tout militaire, si quelque chose ne va pas dans ton service, que tu sois de service ou pas, il faut aller voir ».

A son arrivée, il s’est renseigné auprès d’un sous-officier qui lui a dit d’aller voir l’Adjudant-chef major Eloi Badiel. Ce dernier l’a instruit de prendre contact avec l’Adjudant-chef Moussa Nébié dit «Rambo».

Comme mission, l’Adjudant-chef Nébié dit «Rambo» l’a affecté comme chef de l’escorte du Général Gilbert Diendere.

Le choix de ce poste pour l’adjudant Ardjouma Kambou connu pour être le neveu de la femme du président Michel Kafando, visait selon lui, à le surveiller.

«Rambo a dit à un jeune soldat avant mon arrivée de me mettre devant le cortège pour avoir l’œil sur moi afin que je ne foire pas leur mission», a-t-il déclaré aux juges.

L’adjudant Ardjouma Kambou qui n’avait pas aussi confiance à Rambo selon ses dires, a délibérément quitté le cortège au sortir de la visite du Général Diendéré chez le Moro Naba.

«Moi j’exécute un ordre que quand il est légal. Je le refuse quand il est illégal. Ça n’engage que moi, parce que içi, chacun porte sa croix » a-t-il affirmé.

Selon le parquet militaire par son acte d’escorte, l’accusé a aidé à ce que le coup d’Etat réussisse. Chose que ce dernier ne reconnait pas. «Je ne vois pas une aide à mon niveau, j’ai escorté un chef militaire».

Et le parquet militaire de répliquer. « Mais il venait de faire un coup d’Etat».

« J’étais dos au mur, entre le marteau et l’enclume. Je me cherchais, accepter de faire l’escorte était une stratégie pour moi» s’est défendu l’accusé.

Pour l’avocat de l’accusé Me Idrissa Badini, son client a obéi à un ordre légal, escorter un chef militaire. Selon lui, son client n’avait aucun intérêt à ce que ce coup d’Etat marche puisque le président en exercice était son «beau», l’époux de sa tante.

Le lendemain matin 17 septembre 2015, l’Adjudant Kambou Ardjouma dit avoir reçu un appel de sa tante (l’épouse du Président Kafando) qui voulait apporter de la nourriture aux autorités.

«J’ai été autorisé à aller la chercher et la ramener au Palais», a-t-il affirmé.

Par la suite, il a affirmé qu’il ne participait plus aux rassemblements.

La nuit il se débrouillait pour aller en famille et le jour, il venait s’imprégner de la situation au camp sans assumer aucune mission.

Le parquet militaire a reconnu une constance dans la narration de l’accusé depuis son premier interrogatoire.

L’adjudant Ardjouma Kambou a terminé son récit par une invite au peuple burkinabè à garder confiance à l’armée dans sa lutte contre le terrorisme.

L’Adjudant Kambou Ardjouma est poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires ; des charges qu’il ne reconnait pas.

AIB

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