RDC : Lumumba et Kabila, héros fondateurs mais non sanctifiés
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RDC : Lumumba et Kabila, héros fondateurs mais non sanctifiés

Ouagadougou, 16 janvier 2026 – Les 16 et 17 janvier, la République démocratique du Congo (RDC) commémore deux de ses héros nationaux : Laurent-Désiré Kabila . Assassiné il y a 25 ans, et Patrice Lumumba, assassiné le 17 janvier 1961. Ces deux figures, bien que fondatrices, ne font pas l’unanimité et soulèvent des débats sur leur héritage et leur place dans l’histoire congolaise.

Patrice Lumumba, symbole de la lutte pour l’indépendance en 1960, et Laurent-Désiré Kabila . Qui a mis fin à 32 ans de dictature sous Mobutu en 1997, incarnent des moments clés de la souveraineté congolaise . L’historien Jonathan Kabuika souligne pourtant : « Leurs actions, bien que patriotiques, ont marqué l’histoire par des controverses et des erreurs de gouvernance. Être un héros ne signifie pas automatiquement être sanctifié.

Lumumba et Kabila héros fondateurs : des héritages contrastés

Patrice Lumumba reste une icône panafricaniste, premier Premier ministre du Congo indépendant . Dont le combat pour une indépendance réelle a inspiré toute l’Afrique. Laurent-Désiré Kabila, quant à lui, a marqué l’histoire en renversant Mobutu et en instaurant une rupture avec l’ordre postcolonial. Cependant, son régime est critiqué pour son autoritarisme et ses alliances controversées . Notamment avec le Rwanda pendant la deuxième guerre du Congo.

Pour Jonathan Kabuika, « leur combat pour la souveraineté et la dignité du peuple congolais demeure fondamental ». Mais il rappelle que « la nation élève ses fils et ses filles en dignité afin qu’ils servent de modèles, sans pour autant les béatifier ».

La commémoration : entre mémoire collective et instrumentalisation

Le président Félix Tshisekedi a décidé d’unifier la commémoration de tous les héros nationaux autour d’une date unique, qui deviendra un jour férié. Une décision qui suscite des interrogations : « Le Congo est un pays qui se cherche encore. Des jours fériés à répétition retarderaient aussi cet élan de travail », explique l’historien.

Kabuika met en garde contre l’instrumentalisation de l’histoire par le pouvoir politique. « L’histoire n’est jamais neutre, mais son écriture exige rigueur et méthode ». Il plaide pour une mémoire collective qui transcende les décisions politiques, citant des figures comme Simon Kimbangu ou Thomas Sankara . Certaines figures font consensus parmi le peuple sans que les institutions ne les reconnaissent toujours officiellement.

L’histoire, une science vitale pour la RDC

Jonathan Kabuika regrette vivement que les autorités congolaises marginalisent l’histoire dans l’enseignement et les politiques publiques. « Tant que les régimes successifs ne donneront pas à l’histoire la place qu’elle mérite, la mémoire collective restera fragile », souligne-t-il. Pour lui, « le véritable héros est celui qui vit dans l’âme du peuple », et non celui imposé par les dirigeants.

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