Politique
An III de l’insurrection populaire : « Le peuple devra prendre ses responsabilités et envoyer au nord du pays, le ministre « Yada yada », avec sa Kalachnikov et son gilet pare-balles ! » CDAIP
Ceci est un message du comité de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) à l’occasion de la commémoration de l’an III de l’insurrection populaire
Démocrates, patriotes, progressistes et révolutionnaires du Burkina Faso,
Jeunesse patriotique et révolutionnaire de Ouagadougou,
Chers camarades,
Au nom des organisations partie prenante de cette activité commémorative du IIIème anniversaire de l’Insurrection Populaire des 30, 31 octobre et 2 novembre 2014, je tiens à saluer votre engagement et votre mobilisation de ce jour.
Cela fait trois ans, en effet, que notre peuple, en lutte pour la justice, la liberté et pour un bien-être social et économique, a réalisé une Insurrection populaire historique et héroïque saluée par les peuples d’Afrique et du monde. En ce troisième anniversaire de cette Insurrection Populaire nous avons une pensée respectueuse et glorieuse pour nos martyrs tombés sur le terrain de la lutte pour le changement. Aux nombreux blessés, nous apportons notre profonde solidarité et nos encouragements.
Aux personnes tuées ou blessées par les balles assassines de l’ex-RSP du lieutenant-Colonel Yacouba Issac Zida et du général Gilbert Diendéré, nous promettons de nous battre pour que les commanditaires et les exécutants de ces crimes soient jugés et punis à la hauteur de leurs forfaits.
Pour nous, cela est la meilleure façon de rendre hommage à nos martyrs !
Démocrates, patriotes, progressistes et révolutionnaires du Burkina Faso,
Jeunesse patriotique et révolutionnaire de Ouagadougou,
Chers camarades,
Trois ans après, quel bilan faire de nos attentes et espoirs fondés en l’Insurrection et en la Résistance populaires ?
Au plan de la justice, le constat est celui des manœuvres politico-judiciaires dont l’objectif fondamental est de garantir l’impunité aux hommes du clan Compaoré chassé du pouvoir par notre peuple. Trois ans après l’Insurrection, en effet, les dossiers des martyrs restent en l’état, malgré que le rapport d’enquête sur l’Insurrection ait clairement identifié ceux qui ont ordonné ou qui ont dirigé les tueries des 30, 31 octobre et du 2 novembre 2014, notamment le dernier premier ministre de Blaise Compaoré, Luc Adolph Tiao, le premier ministre sous la transition, Yacouba Isaac Zida. Le premier après un bref passage à la MACO jouit d’une liberté provisoire comme d’autres de son gouvernement tandis que le second, très curieusement, vit paisiblement au Canada sans qu’aucun mandat d’arrêt ne soit émis contre lui pour qu’il revienne s’expliquer devant notre peuple.
En lieu et place de cela, le pouvoir préfère dépenser des sommes d’argent importantes pour que des juges se rendent au Canada pour l’écouter. Cette attitude honteuse et irresponsable du pouvoir et de sa justice vis-à-vis de Yacouba Isaac Zida apporte la preuve qu’il est un témoin très gênant pour le pouvoir MPP et alliés et pour bien d’autres personnes qui ont pillé d’une manière record notre pays en une année de transition catastrophique entre novembre 2014 et décembre 2015. C’est pourquoi, le pouvoir et les amis de Zida préfèrent qu’il reste au Canada avec les révélations qu’il promet de faire s’il venait à être arrêté.
Mais est-ce que notre peuple insurgé et résistant peut-il accepter cela ? Peut-il accepter le « mouta mouta » ? Non, assurément ! Notre peuple veut la vérité et la justice pour les martyrs de l’Insurrection populaire ! Que les commanditaires et tous les complices soient jugés.
Démocrates, patriotes, progressistes et révolutionnaires du Burkina Faso,
Jeunesse patriotique et révolutionnaire de Ouagadougou,
Chers camarades,
Le même refus de rendre justice caractérise les dossiers du putsch de type fasciste de Gilbert Diendéré et de son défunt RSP. Bien que les auteurs du putsch soient connus, la justice traine toujours les pas et en lieu et place des jugements, ce sont des libérations de putschistes et de leurs complices qui sont servies au peuple. En témoigne la résidence surveillée accordée à Djibril Bassolé !
Camarades, est-ce qu’il existe meilleure résidence surveillée que la MACA pour un putschiste dont certaines révélations (notamment du journal Le Reporter) indiquent qu’en plus d’être le cerveau du coup d’Etat de septembre 2015, il est un ami des terroristes et djihadistes qui occupent déjà des parties de notre territoire et qui endeuillent notre peuple ?
Non, de pareils individus ont leur place en prison !
Dans ce dossier du putsch, hautement politique, l’on comprend de plus en plus, pourquoi le pouvoir du MPP et alliés ne veulent pas en réalité de la tenue d’un procès sérieux. Presque tous les chefs des FDS à l’époque du coup d’Etat, certains leaders politiques et même religieux y seraient trempés, à en croire les révélations de Gilbert Diendéré qui a même demandé que ceux-ci soient inculpés ! Or, certains d’entre eux sont les soutiens du pouvoir actuel. Ils sont juchés à de hauts postes de responsabilité au service du pouvoir actuel. L’ancien chef d’Etat-Major de l’armée, le Général Pingrenoma Zagré, après avoir refusé de répondre à une convocation de la justice militaire dans l’affaire du putsch a été bombardé Ambassadeur du Burkina au Ghana par le Président Roch KABORE !
Démocrates, patriotes, progressistes et révolutionnaires du Burkina Faso,
Jeunesse patriotique et révolutionnaire de Ouagadougou,
Chers camarades,
Sur le plan social et économique, les gens du peuple croupissent de plus en plus sous la cherté de la vie. Les prix des produits de première nécessité sont devenus presque incontrôlables et notre peuple est sous la menace d’une grave famine au regard des résultats de la campagne agricole. La politique de gratuité des soins se révèle être une pure démagogie au regard des réalités dans les centres de santé. Le système de santé public est dans un état de délabrement continu et des maladies comme le paludisme et la dengue continuent de faire des ravages.
Les emplois promis à la jeunesse se trouvent être les mêmes emplois précaires de HIMO conçus sous Blaise Compaoré, ce qui montre clairement que le pouvoir n’a visiblement pas de solution à cette préoccupation pressante. Juste qu’ici, la vitesse grand V du décollage économique se fait toujours attendre et les taux de réalisation de la mise en œuvre du fameux PNDES, annoncés dans la presse, ne sont pas ressentis par les populations.
Sur le plan sécuritaire, notre peuple se rend compte que l’Etat est dans une incapacité structurelle, du fait de son caractère néocolonial, d’assurer l’intégrité territoriale et la sécurité des populations. En témoigne les pertes de contrôle progressives par l’Etat de certaines parties du pays, notamment dans le Soum, où règnent des narcotrafiquants et des groupes djihadistes et terroristes. Face à ce péril sécuritaire, au lieu de s’attaquer aux causes structurelles de l’insécurité et du terrorisme que sont la misère sociale et le désespoir qui poussent certains jeunes dans les mains des obscurantistes, des terroristes, des narco-djihadistes, le pouvoir préfère opérer des tapages médiatiques et organiser des foires comme celle sur la sécurité de fin octobre 2017 qui a englouti 155 000 000 de francs CFA. A cela s’ajoute la corruption (dont celle avérée au sein de la haute hiérarchie de la police), l’impunité, le mercenariat d’Etat, les connexions diverses avec les réseaux terroristes et djihadistes qui ont caractérisé la gouvernance sous Blaise Compaoré.
Camarades, pouvons-nous espérer une sécurité avec une telle navigation à vue ?
Non, il n’y a pas d’illusion à se faire ! Le peuple devra prendre ses responsabilités et envoyer au nord du pays, notamment dans le Soum, le ministre « Yada yada », avec sa Kalachnikov et son gilet pare-balles !
Démocrates, patriotes, progressistes et révolutionnaires du Burkina Faso,
Jeunesse patriotique et révolutionnaire de Ouagadougou,
Chers camarades,
Comme on le constate, les faits sont suffisants aujourd’hui pour établir la responsabilité du pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré et de ses amis dans la non-manifestation de la vérité et de la justice pour les martyrs de l’Insurrection et du putsch.
Que peut-on encore attendre de ce régime des « mouta mouta » et des « yada yada » ?
Absolument rien d’autre que l’aggravation des injustices sociales et économiques, de la vie chère et de la misère ! Ce pouvoir se fout de notre peuple et de ses aspirations à la justice et au changement dans ses conditions de vie.
Au fur et à mesure, les principaux animateurs du pouvoir, qui pensaient camoufler leur vraie nature de corrupteurs, de corrompus, de véritables valets de l’impérialisme et de chefs miliciens se présentent tels qu’ils ont toujours été et tels qu’ils seront toujours !
Est-ce que ces gens peuvent changer ?
Non, comme nous en sommes tous témoin ! Il appartient au peuple d’apporter la réponse politique à cette provocation du pouvoir actuel, comme il a su apporter la réponse à Blaise Compaoré en 2014 en le chassant à midi-pile du pouvoir ! Les mêmes causes produiront les mêmes effets !
Démocrates, patriotes, progressistes et révolutionnaires du Burkina Faso,
Jeunesse patriotique et révolutionnaire de Ouagadougou,
Chers camarades,
La lutte contre l’impunité est comme une course de fond. C’est un combat de longue haleine. Instruits par l’insurrection populaire d’octobre 2014 et la résistance populaire victorieuse de septembre 2015 contre le coup d’Etat de l’ex-RSP, nous devons donc, plus que jamais, nous convaincre que seules la lutte organisée et la persévérance sont gages de victoires contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques, contre l’offensive contre-révolutionnaire et pour approfondir les acquis de l’Insurrection et pour l’avènement d’un véritable changement politique dont la voie a été ouverte par l’Insurrection populaire.
Restons mobilisés et prêts à prendre part aux mots d’ordre de lutte à venir pour la satisfaction des revendications de la plateforme minimale de lutte de nos organisations ainsi que des autres revendications populaires et pour un véritable changement politique en notre faveur.
Nan lara !!! Nan lara !!! Nan lara !!!
Je vous remercie.
Ouagadougou, 4 novembre 2017
AN III de l’insurrection: le Diagnostic de Ablassé Ouedraogo
» Les 30 et 31 octobre 2014, nous nous sommes insurgés contre le système d’alors, qui malgré tous les avertissements, a voulu modifier l’article 37 de notre Constitution afin de se pérenniser au pouvoir. Cette lutte a été longue et périlleuse. De nombreux Burkinabè y ont laissé leurs vies, beaucoup d’autres de nos compatriotes ont été à jamais meurtris dans leur chair et dans leur âme.
En ces moments de commémoration de cette insurrection populaire, Le Faso Autrement salue la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie dans cette lutte et rend hommage à toutes les filles et à tous les fils du Burkina Faso qui ont été blessés. Puisse Dieu, tout puissant, accorder le repos éternel et mérité à nos martyrs et apaiser les douleurs physiques et morales des blessés et de leurs familles sans oublier tous ceux qui ont souffert du saccage et de l’incendie de leurs maisons et de leurs biens.
Cette date inscrite, en lettre d’or et de sang dans l’histoire du Burkina Faso et gravée à jamais dans notre mémoire collective, ne doit pas pour autant être une fin en soi. Elle doit nous servir de point d’appui dans la marche nationale en vue de réaliser l’évolution pour le bien être collectif, le bonheur partagé et le mieux vivre ensemble. Cependant, force est de constater malheureusement, que cette commémoration est de plus en plus utilisée à des fins de populisme et de stigmatisation d’une partie des Burkinabé.
Le Faso Autrement estime aujourd’hui, que trois (3) ans après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, la situation socio-économique et politique du Burkina Faso, l’insécurité ambiante et la morosité de notre pays imposent à tous de la sobriété, de la retenue et surtout de la réflexion. En effet, notre lutte d’alors, au-delà du changement de régime, visait surtout une amélioration de nos conditions de vie, une justice indépendante, accessible, équitable et efficace, une véritable démocratie participative et une meilleure gouvernance pour notre pays. C’est dire chers compatriotes, que notre situation actuelle appelle à la réflexion collective.
L’évidence aujourd’hui est que ce que vit le peuple burkinabè n’est guère reluisant et le pays ne se porte pas bien du tout. Nos aspirations profondes, justes et légitimes qui nous ont poussés à défier tout un système, n’ont pas été satisfaites malgré les promesses électorales mirobolantes. Mieux, ou devrait-on dire pire, certains individus et mouvements voulant continuer indéfiniment à tirer profit sur le dos du peuple qui a tant souffert et qui s’est insurgé, prennent un malin plaisir à attiser les flammes de la haine et des rancœurs grâce à la politique du diviser pour régner. Ils font de l’insurrection un véritable fonds de commerce. C’est tout simplement et humainement inacceptable.
Le Faso Autrement invite tout un chacun de nous à une réflexion constructive. La mort de nos êtres chers a été trop violente pour que nous continuions encore aujourd’hui de nourrir les anciennes divisions sans nous rendre compte qu’elles nous conduisent vers les abimes.
La mémoire de nos martyrs et les meurtrissures de nos frères et sœurs blessés doivent être pour tout le peuple burkinabé une motivation commune pour une réconciliation nationale franche et sincère, seul moyen de reconstruire un Burkina Faso d’amour, de paix et de développement. Il est bien entendu compris que pour y parvenir, on ne devra pas faire l’économie de la vérité encore moins de la justice. Il est capital que cette vérité soit la somme de toutes les vérités sans omission aucune et que la justice soit réparatrice et apaisante.
Le Faso Autrement invite toute la classe politique nationale, les organisations de la société civile et toutes les forces vives de la Nation, à privilégier la consolidation de la paix et la sauvegarde de l’intérêt supérieur de la nation en œuvrant pour l’apaisement des cœurs, la vérité, la repentance, le pardon mutuel, la justice et la réconciliation nationale.
Vive le Burkina Faso uni et réconcilié avec lui-même ! »
Dieu bénisse le Burkina Faso ! »
Ouagadougou, le 31-0ctobre 2017
Dr Ablassé OUEDRAOGO
Président du Parti Le Faso Autrement
Démission députés UPC : La Coordination du caucus des cadres pour le Changement demande la suspension de ces députés des postes de responsabilité.
» L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) est un parti politique dont le souci permanent est d’œuvrer aux côtés des populations pour le développement (économique et social) durable du Burkina Faso.
Ce parti véhicule des vertus d’intégrité et de solidarité qui lui ont valu d’être la 2ème force politique du pays (33 députés à l’Assemblée nationale). Aussi, en aucun moment, ses instances n’ont fonctionné sur un mode dictatorial. Aux rencontres statutaires et régulières du Bureau politique national (BPN), les décisions sont prises par consensus ou par vote. Egalement, les députés de l’UPC jouissent d’une liberté de vote à l’Assemblée nationale, exception faite de la directive de vote contre la loi PPP qui, du reste, était portée par toute l’opposition politique.
Cependant, depuis les dernières élections couplées, présidentielles et législatives en 2015, l’UPC a connu plusieurs soubresauts du fait d’ambitions individualistes de quelques militants au mépris des principes élémentaires qui gouvernent la vie du parti. Ces soubresauts sont suscités, soutenus et entretenus par les plus hauts responsables de la majorité présidentielle. En effet, Simon COMPAORE, numéro 1 du MPP, en visite nocturne au domicile d’un des 13 fossoyeurs de la démocratie, l’a clairement avoué dans un enregistrement vidéo en ces termes : « ils vont savoir qu’on a tout préparé ».
L’UPC a toujours fait face avec beaucoup de fermeté à toutes les tentatives de déstabilisation et entend maintenir le cap pour son rayonnement.
Nous, membres du Caucus des Cadres pour le Changement (3C), déclarons ce qui suit :
Considérant que les députés ne sont qu’une émanation du parti qu’ils représentent et qu’ils ne sont nullement au-dessus de lui ;
Considérant que les députés qui siègent à l’Assemblée nationale ont été retenus par le parti parmi plusieurs candidats non moins méritants ;
Considérant que toutes les instances et entités du parti doivent avoir la plus haute considération pour les militants de base et les sympathisants qui constituent le socle de tout parti ;
Nous, membres du Caucus des Cadres pour le Changement, réaffirmons notre soutien total et indéfectible à la Direction de l’UPC et à son Président Zéphirin DIABRE qui, visiblement, est l’homme à détruire par le parti au pouvoir dans la perspective des élections de 2020 en même temps que d’autres potentiels candidats comme le Généraux Yacouba Isaac ZIDA et Djibril BASSOLE.
Nous appelons prestement la Direction du parti à suspendre ces députés de toute responsabilité au sein de notre formation politique.
Nous en appelons au sens élevé de l’éthique et de la morale politiques du Président de l’Assemblée nationale, pour ne pas entériner ce projet de création d’un nouveau groupe parlementaire.
Prenons à témoin l’ensemble des militants et sympathisants du parti, le peuple Burkinabè tout entier, ainsi que la communauté internationale devant toute dégradation du climat socio-politique consécutive aux faits incriminés.
Nous réaffirmons, enfin, que l’UPC demeure un parti démocratique engagé pour le vrai changement. »
Fait à Ouagadougou le 02 novembre 2017
Pour La Coordination du Caucus des Cadres pour le Changement (3C),
Ouedraogo Issouf
Burkina: « La justice militaire a fini de nous convaincre qu’elle est à la solde des autorités politiques »NAFA
L’annonce de la libération provisoire du Général Djibrilll BASSOLE le 10 octobre 2017 a suscité des réactions multiformes en fonction de la couleur politique ou des sensibilités des uns et des autres.
Pendant que les proches et membres de sa famille ainsi que les militants et sympathisants de la NAFA se réjouissaient de cette décision de justice, on a pu observer également des mouvements sporadiques de colère pour dénoncer cette même décision.
En tant que parti républicain, respectueux des valeurs républicaines, la NAFA à travers plusieurs déclarations publiées auparavant avait tenu à interpeller les uns et les autres d’inscrire leurs mouvements d’humeur dans un cadre purement légal. Aussi, avait-elle fustigé le caractère antirépublicain du MPP qui avait, dans sa déclaration relative à la libération du Général BASSOLE, tenté de remettre en cause sa mise en liberté provisoire et par-delà, l’institution judiciaire et son indépendance.
C’en est suivie la déclaration du MBDHP le 17 octobre pour condamner la libération provisoire de Djibrill BASSOLE que ses membres considèrent comme étant une forme d’impunité.
De plus, le MBDHP dans sa déclaration émet des doutes quant à la volonté des autorités politiques et judiciaires de travailler à la manifestation de la vérité et ; de rendre justice pour les crimes commis pendant l’insurrection et la résistance face au putsch du 16 septembre eu égard de la longueur de la procédure et de l’inaction de la justice vis-à-vis de certains présumés responsables de crimes.
Au delà de cette sortie qui remet en cause l’indépendance et la moralité des acteurs judiciaires par ce mouvement, la NAFA se réjouit du fait que le MBDHP reconnaisse que la liberté provisoire est un droit consacré contrairement à certaines organisations politiques ou de la société civile.
La NAFA par ce communiqué tient à rassurer tous ceux qui sont sceptiques que nul n’est aussi impatient que monsieur Djibrill BASSOLE pour la manifestation de la vérité sur ces évènements malheureux du putsch manqué et la justice pour les victimes. Puisqu’étant lui-même une victime qui entend laver son honneur et recouvrer totalement ses droits civils et politiques.
C’est dans cette logique que faisant un diagnostic sur l’engrenage de la justice burkinabè, la NAFA est parvenue à la conclusion suivante : la justice peine à être indépendante à cause de l’immixtion flagrante et éhontée des autorités politiques. Cette imbrication provoque particulièrement des cafouillages judiciaires qui empêchent la manifestation de la vérité et de la justice pour les cas précis du dossier de l’insurrection populaire et du putsch manqué de septembre 2015.
Pour la NAFA, les juridictions hautement politisées à l’instar de la Haute Cour de justice et de la justice militaire sont la cause du grippage qui déteint négativement sur notre institution judiciaire qui avait pourtant obtenu les bases légales pour son indépendance. Plusieurs raisons ont concouru à motiver notre conclusion et il s’agit particulièrement des cas suivants :
1. Les procédures initiées par la Haute Cour de justice ont vite montré leurs limites à cause de l’imbrication du politique et du judiciaire. Cette collusion a conduit à ce que l’on désigne des auteurs qui ne sont vraisemblablement pas les vrais acteurs des crimes commis au cours de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre. Pour preuve, des présumés organisateurs des massacres à l’image du Général Yacouba Isaac Zida et autres ne sont pas inquiétés et jouissent totalement de leur liberté pendant que l’on assaille de façon exagérée les membres du dernier Gouvernement de Blaise COMPAORE parce qu’ils ont participé à un conseil des ministres. L’orientation politique de la majorité des membres ne fait que confirmer que la Haute Cour de justice n’est qu’un tribunal d’exception dont la seule vocation est de régler les comptes des adversaires politiques et non rendre la justice et travailler à la manifestation de la vérité.
2. La justice militaire elle également a fini de nous convaincre qu’elle est à la solde des autorités politiques et par conséquent, elle n’est pas en mesure dans sa structuration actuelle de créer les conditions d’un procès équitable et impartial. Il suffit de se référer au procès de la tentative de libération des Généraux détenus à la MACA intenté contre Madi OUEDRAOGO et compagnie pour s’en persuader. En plus, nous relevons qu’il a fallu deux années à la justice militaire pour l’instruction du dossier qui, de part son caractère flagrant ne nécessitait pas une si longue procédure. N’eut été le fait que les juges militaires sont soumis aux ordres de leurs supérieurs hiérarchiques. Il est à croire que cette juridiction lorsqu’elle rend un verdict, c’est une décision dictée par le politique et que sa véritable spécialité c’est la longueur des procédures. Il a fallu deux ans pour instruire le dossier du putsch manqué et vous observez actuellement les manigances savamment orchestrées pour retarder le plus longtemps possible les audiences de confirmation des charges et de mise en accusation.
Au regard de ce qui précède, la NAFA interpelle les autorités politiques et militaires qui travaillent à freiner l’élan de notre justice à avoir un comportement républicain en respectant scrupuleusement le pacte pour le renouveau de la justice. À tous les Burkinabè épris de justice, la NAFA les appelle à la vigilance et à travailler de sorte à consolider l’indépendance de l’institution judiciaire. Il serait contre-productif de travailler contre la justice en ce sens que cela profiterait allègrement aux politiciens véreux qui n’attendent qu’avoir la mainmise sur cette institution afin de prospérer dans l’impunité. Travaillons donc à libérer la justice du joug des autorités politiques et militaires pour qu’elle puisse être l’arme du peuple contre l’impunité et l’injustice.
Enfin, la NAFA lance un vibrant appel à nos autorités judiciaires à conformer leurs textes et leurs pratiques conformément aux conventions internationales comme formulé par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
NAFA, vérité et justice ;
NAFA pour tous !!!
Pour le Bureau exécutif national
Le Président par Intérim
Pr Mamoudou H. Dicko
Politique: le CDP section France tire à boulet rouge sur la gestion du MPP
La transition en appliquant une politique d’exclusion malgré les injonctions de la communauté internationale et la décision de la CEDEAO, a de fait orienté les élections et favorisé le recyclage politique des « dineurs » toutes choses ayant concourues à la transmission du pouvoir au MPP.
L’apartheid électoral ainsi prôné et appliqué par la transition avec en prime la révocation des maires légitimement élus et le gel des comptes de campagne de l’ancienne majorité a favorisé la radicalisation des positions et le délitement du climat social. La cohésion nationale étant le principal facteur de stabilité et de développement, il est indispensable que nous traitions sans passion et avec lucidité la problématique de la réconciliation nationale.
La désobéissance civile organisée d’octobre 2014 lors des évènements, a eu pour corolaire direct la montée de l’incivisme qui atteint désormais son paroxysme d’autant plus que l’Etat n’y oppose aucune fermeté.
Nul n’est sans ignorer que la condition sine qua non pour un Etat fort, c’est la crédibilité de ses dirigeants. Il va s’en dire que la configuration actuelle du pouvoir fait elle-même le lit de l’incivisme d’autant plus qu’il est désavoué de l’opinion publique moins de deux ans après la forfaiture électorale ayant favorisée son recyclage politique. En effet, on ne trouvera pas de solution en cherchant dans les problèmes.
Ceux qui ont défendu bec et ongles la modification de l’article 37, sont ceux là même qui se sont mués en alternative messianique pour le peuple. Par ailleurs, l’apologie de violences policières et l’encouragement de milices armées témoignent de la faillite de l’Etat de droit.
Force est de constater aujourd’hui le désenchantement et la désillusion du peuple face au dilettantisme et à la gestion hasardeuse du pouvoir d’Etat. La révélation des ristournes financières illicites au sein du Ministère des Infrastructures constitue une énième preuve d’un pillage organisé des ressources du pays au mépris de la précarité croissante au sein des populations. L’attitude attentiste adoptée par l’autorité judicaire devant ces faits avérés de corruption remet en cause le principe d’équité de la justice, et la séparation des pouvoirs qui sont le socle de toute démocratie.
Les manœuvres démagogiques visant à instiller dans l’opinion publique que le PPP Partenariat Public Privé (PPP) est une innovation économique, relèvent purement du populisme et de l’arnaque politico-politicienne. En effet la loi N°020-2013 de la précédente législature sous Blaise COMPAORE portait déjà en l’occurrence sur ce type de partenariat et consacrait en son article 16 l’appel d’offre comme mode de sélection du partenaire privé en dehors des exceptions faites à son article 24.
Le fait nouveau qui a légitimement suscité la polémique est la loi votée sous l’actuelle législature qui contourne les règles élémentaires de transparence en matière de gestion des finances publiques en favorisant le recours à l’entente direct « gré à gré », une autre forme de « mouta mouta ». La légèreté de l’argument selon lequel il s’agirait d’une mesure d’accélération des passations de marché et de réalisation du PNDES nous conforte dans l’idée qu’il s’agit ni plus ni moins qu’une légalisation de la corruption, du clientélisme et du pillage des ressources.
D’Etat stable avec une croissance continue, notre pays se retrouve dans une situation économique léthargique, favorisée par une insécurité croissante. Les attaques terroristes répétées ces dernières années fragilisent notre tissu économique par la fuite des investisseurs étrangers.
C’est pourquoi la question sécuritaire devra être traitée en priorité. Autrement dit, dans ce contexte, le PNDES tant adulé serait illusoire parce qu’aucun investisseur ne s’aventure dans un climat sécuritaire incertain. Au-delà même du développement économique c’est la vie de nos concitoyens qui est en jeu et il est impensable de poursuivre dans le rituel des discours de condamnation sans les accompagner de mesures fortes.
La politique doit être empreinte d’une vision et il est temps d’établir les priorités. La sécurité est un préalable au développement économique. D’aucuns diront que le terrorisme n’est pas propre au Burkina, mais force est de reconnaitre que c’est un phénomène nouveau pour le Burkina. Attendons que le mal s’enracine et il sera difficile de le déloger. L’Irak et la Syrie en font encore la douloureuse expérience.
La situation économique est aujourd’hui désastreuse, avec une baisse du pouvoir d’achat des populations, majorée par l’inflation des denrées alimentaires. N’en déplaise aux barons du « nouveau ancien régime », il faut reconnaitre que la multiplication des emprunts financiers obligataires du trésor publique témoigne de la déliquescence de l’économie Burkinabé et de l’incapacité du pouvoir actuel à honorer ses promesses de campagnes qui tombent sous le sceau de la démagogie pur et simple et de l’arnaque politique.
Pire encore, la récurrence des incidents diplomatiques compromet gravement les possibilités d’investissements provenant de l’étranger. La sortie du Président du Faso sur la chaîne Al Jazeera au Qatar évoquant le départ du Président COMPAORE, avec à la clef une leçon de démocratie était simplement inopportune. Comment peut-on donner des leçons de démocratie sur la chaine d’un Etat monarchique alors même que l’on s’y trouve pour lever des fonds ?
Pour preuve, les occidentaux n’évoquent pas des questions démocratiques avec les Etats du Moyen Orient. Ils s’emploient plutôt sur un plan diplomatique à consolider leur partenariat économique, afin d’attirer des investisseurs Qatari, d’exporter leurs produits et leur savoir faire, toutes initiatives leur permettant d’accroitre leur potentiel financier.
La crédibilité du Burkina Faso sur la scène internationale est mise en rude épreuve par la série de cabales politico-judiciaires orchestrée pour les intérêts cupides d’un pouvoir voulant se soustraire lui-même des frasques de son passé. Or, peu importe la durée de la nuit, le jour finit par se lever. On se souvient de la loi d’exclusion condamné par la cour de justice de la CEDEAO, du montage grotesque du dossier judiciaire contre l’ancien gouvernement du Président Blaise COMPAORE déclaré inconstitutionnel et du cas Djibril BASSOLE pour lequel le gouvernement à reçu des injonctions de l’ONU.
Cet acharnement politico-judiciaire sélectif ne fait qu’accentuer le clivage au sein de la société avec tous les risques de dérives qu’ont connus d’autres peuples. S’il est vrai que nul est au dessus de la loi, une justice authentique se veut équitable à l’endroit de tout ses justiciables. Les malversations financières et la corruption étant punissable par la loi, il est impératif que l’Etat soit regardant sur les révélations faites dont la dernière en date concerne des ristournes illégalement versées au Ministère de l’Infrastructure.
Dans un contexte de paupérisation croissante, d’insécurité notoire et de corruption grandissante il est plus que jamais primordial d’établir les priorités afin de renouer avec un Burkina prospère. Faut-il imposer une nouvelle constitution à coût de milliards pour assouvir les fantasmes politiques d’une minorité alors que l’Etat n’est pas à même d’assurer les besoins primaires de nos populations ?
Faut-il s’atteler à interpeller des citoyens pour leurs opinions politiques quand nous n’arrivons pas à organiser les missions régaliennes de l’Etat ? Nous devons impérativement recentrer nos énergies et ressources pour être en adéquation avec notre peuple qui aspire à un progrès démocratique, et un minimum social, faute de quoi la stabilité pourrait être mise à rude épreuve tant la grogne sociale est manifeste.
En tout état de cause notre peuple fait l’objet d’une prise d’otage par un pouvoir dont le paradoxe est de vouloir se soustraire de la gouvernance des trois dernières décennies.
La seule véritable issue consiste à planifier une alternance démocratique crédible en faisant abstraction de notre cupidité et de nos discours partisans. A ce propos, toutes les composantes sociodémographiques devront jouer toute leur partition pour l’émergence d’un leadership qui permette au Burkina de renouer avec la stabilité et la croissance car nous n’aurons pas d’avenir dans un pays qui n’en a point. Les hommes passent mais l’histoire demeure.
Paris, le 30 Octobre 2017
SECTION CDP France
Burkina: l’opposition porte plainte contre le ministre de la sécurité pour détention illégale d’arme de guerre
Les partis politiques membres du Cadre de Concertation du Chef de file de l’Opposition ont tenu une réunion extraordinaire le lundi 30 octobre 2017 au siège du CFOP, à Ouagadougou.
Présidée par le Chef de file de l’Opposition, M. Zéphirin DIABRE, la réunion avait les points suivants inscrits à son ordre du jour :
– Situation nationale ;
– Vie du Cadre ;
– Divers.
Au chapitre de la situation nationale, les participants ont observé une minute de silence en mémoire des martyrs de l’Insurrection populaire de 2014, à l’occasion de l’An III de cet événement. Dressant le bilan de l’évolution du pays, les partis d’opposition tirent la conclusion que le pouvoir du MPP a trahi les idéaux de l’Insurrection populaire, en ramenant les pires pratiques dont ils étaient maîtres quand ils conduisaient toujours la barque CDP.
Les partis d’opposition s’indignent également que, trois ans après, il n’y ait pas de justice effective pour les martyrs et leurs familles.
Toujours au chapitre de la situation nationale, les participants ont pris acte de la démission du Ministre de la culture, des arts et du tourisme, M. Tahirou BARRY. De surcroit Président d’un parti de la Majorité, M. BARRY a démissionné en peignant un tableau très sombre de la gouvernance actuelle. Dans un réquisitoire d’une violence inouïe, il a égrené les échecs du gouvernement, en insistant particulièrement sur le désarroi de la jeunesse, le dénuement de nos forces de défense et sécurité face aux terroristes, et la faillite du PNDES qu’il impute directement au Président Roch Kaboré, traité au passage de « vieux cow-boy désespéré dont les réactions ont mis au rouge tous nos indicateurs avec un plan de développement PNDES qui a lui-même besoin d’un plan d’urgence de sauvetage dans un océan sans rivage. »
Cette démission est le signe manifeste d’un délitement du pouvoir. Et c’est la preuve supplémentaire du bien fondé des critiques déjà formulées par l’Opposition dans ses deux mémorandums.
Toujours au chapitre de la situation nationale, les participants à la rencontre ont évoqué le scandale « Tranquillos ». Dans une vidéo ridicule mais authentique parue sur les réseaux sociaux, puis dans plusieurs médias, on voit le ministre d’Etat Simon COMPAORE, Kalachnikov en main et habillé de gilet pare-balle, au domicile d’un des députés démissionnaires de l’UPC. Dans un langage à la limite vulgaire, Simon COMPAORE menace de « chicoter les militants de l’opposition » et de faire arrêter le Chef de file de l’Opposition, et révèle que le complot contre l’UPC « a été bien préparé ». Cette vidéo a fait le tour de la planète et a couvert notre pays de ridicule.
Pour l’Opposition politique, cette vidéo est d’abord une preuve supplémentaire que le MPP, dont M. Simon COMPAORE est le Président par intérim, alimente bel et bien par son soutien politique et financier, cette cabale dont l’objectif est de casser l’UPC dans la perspective des présidentielles de 2020.
Alors qu’on n’avait pas fini d’épiloguer sur ce scandale, les Burkinabè ont constaté qu’à cause du comportement arrogant de M. Simon COMPAORE, les policiers de notre pays sont allés en grève en fin de semaine. L’incapacité du Ministre à résoudre la crise était telle que le Président du Faso a dû monter au créneau, rencontrer les policiers et prendre des engagements avec ces derniers, rencontre au cours de laquelle M. Simon COMPAORE était d’ailleurs absent.
Faisant suite à l’épisode des transporteurs routiers, c’est donc la deuxième fois, en quelques semaines, que le Président du Faso doit intervenir directement dans la gestion du ministère de M. Simon COMPAORE, pour régler une crise d’ampleur nationale. Dans une république normale, un tel ministre est congédié et remplacé par une personne plus compétente, surtout s’il s’agit d’un ministère sensible comme celui de la sécurité. Mais M. Simon COMPAORE étant un « actionnaire » important du MPP, il peut se permettre de narguer tout le monde, y compris le Président KABORE, lequel manque visiblement de l’autorité qu’il faut pour le sanctionner.
Dans la situation sécuritaire que vit actuellement notre pays, et après un tel étalage d’incompétence et d’arrogance, maintenir M. Simon COMPAORE à ce poste, c’est montrer qu’on ne prend nullement au sérieux la question de la sécurité des Burkinabè !
La responsabilité personnelle du Président du Faso est ici engagée, car c’est lui qui nomme aux hautes fonctions de l’Etat.
Au regard du comportement irresponsable de M. Simon COMPAORE et de l’incompétence notoire dont il fait montre face aux problèmes sécuritaires de notre pays, l’Opposition politique exige son départ immédiat de son poste de Ministre de la sécurité du Burkina Faso.
En plus, l’opposition politique va saisir la justice, en déposant une plainte contre M. Simon COMPAORE pour détention illégale d’arme de guerre, et pour menaces de mort sur des citoyens.
Au chapitre de la vie du Cadre de concertation, les participants ont pris connaissance des propositions relatives au projet de nouveau Code électoral. Une commission a été mise en place pour examiner le document et formuler les observations de l’Opposition politique.
Débutée à 18 heures, la réunion a pris fin à 20 heures, après l’examen de quelques points de divers.
Ouagadougou, le 30 octobre 2017
Le service de communication du Chef de file de l’Opposition politique
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