Yatenga : un enseignant tué, deux autres blessés

Frappes à Séné-Todiam

Des assaillants ont tué un enseignant  dans la nuit de dimanche à lundi à Kain, un département du Yatenga frontalier avec le Mali. Deux autres enseignants ont été blessés dont un grièvement. Des individus non identifiés ont attaqué  le collège d’enseignement général (CEG) de KAIN dans la province du Yatenga, région du Nord, dans la … Lire la suite

Le saviez-vous? Emmanuel MACRON a ménacé d’annuler sa visite pour défaut de visa

Le président français s’est plaint d’un traitement humiliant de la part des employés de l’ambassade du Burkina Faso à Paris. En effet, alors qu’il tentait d’obtenir son visa, le Président français s’est plaint de procédures lourdes alors qu’il disposait de tous ses documents. Ce sont nos confrères du magazine « State Afrique » qui ont relayé l’information le 24 novembre 2017. 

Emmanuel MACRON a même menacé de renoncer à ce séjour pourtant capital pour le Burkina Faso. “C’est insupportable tous ces va-et-vient au consulat alors que je remplis toutes les conditions”, avait-il pesté.
Le président français a évoqué le ton condescendant des fonctionnaires consulaires et dit ne pas comprendre pourquoi son visa ne lui était toujours pas délivré alors qu’il a respecté toutes les conditions posées par les autorités consulaires du Burkina Faso.
  • Preuve de liens familiaux et économiques qui obligent le postulant à retourner dans son pays après son séjour au Burkina Faso
  • Justificatifs d’hébergement
  • Lettre de l’employeur précisant les fonctions exercées la date d’embauche et le salaire mensuel
  • 3 derniers bulletins de salaire
  • Relevés bancaires récents indiquant les mouvements sur une période de trois moi
  • Assurance rapatriement…
Il en ressort que le dossier d’Emmanuel Macron semblait complet. Et pourtant, les autorités du Burkina Faso en demanderaient toujours plus selon lui. Il avait dit alors craindre d’essuyer un refus, ce qui serait catastrophique.
“C’est assez éprouvant psychologiquement de devoir se lever tôt le matin, de faire la queue dans le froid pour finalement se faire renvoyer par un fonctionnaire qui demande toujours plus de papiers”, avait-il confié à la rédaction de State Afrique.
Le dossier est toujours en cours d’instruction”, a répondu le consulat du Burkina Faso à Paris qui évoquait le principe de réciprocité.
“Des enquêtes doivent être menées pour vérifier l’authenticité des documents versés au dossier. Les mêmes conditions sont imposées aux citoyens burkinabè qui veulent se rendre en France. Nous ne voyons pas pourquoi il faudrait un traitement de faveur pour ce monsieur.” avaient alors retorqué les autorités consulaires du Bukrina Faso

Comme on le voit l’arrivée du Président Français au Burkina est source de tous les fantasmes looooolllllll

Source: Ramata TALL de State Afrique

Arrivée de Macron: la fermeture des écoles divisent le gouvernement et les Syndicats.

Baccalauréat/BEPC

A quelques heures de l’arrivée l’arrivée du président Macron au Burkina, les positions sur sa venue semble tranchée. Nous assistons à une vrai bataille dans l’opinion . Tandis que le Ministre de l’éducation nationale justifie la fermeture des écoles , les syndicats estiment que cette décision est très décevantes.

Jean-Martin Coulibaly , Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation.

<< Il n’y a pas à s’insurger pour cette suspension des cours; nous avons un très grand événement qui vient, c’est une tradition dans ce pays que pour associer l’ensemble des acteurs à un grand événement, on prend une certaine mesure. Quand nous avons le 11 décembre nous prenons des mesures, quand nous avons le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), le Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO)… Le Président du Faso a décidé lui-même d’y mettre un cachet particulier en faisant une réception officielle au palais de Kosyam et il est de bon ton que tout le monde puisse être associé. Il ne faut pas lire en cela autre chose que ça et c’est tout. Nous sommes fiers de l’avoir fait>>

Basolma Bazié

« Ce que nous observons comme comportement des autorités dans le cadre des préparatifs sur l’arrivée d’Emmanuel MACRON, telle que la fermeture des classes est très décevant. En effet, c’est comme un esclave qui n’est point prêt à s’affranchir et informe à chaque instant son maître que ses chaînes d’esclavages se sont desserrées !! Donc il l’invite à les serrer davantage !!
C’est un comportement contraire aux valeurs africaines que ces autorités chantent en se référant à l’hospitalité. En effet, l’hospitalité africaine est débarrassée de l’hypocrisie, du mensonge et du complexe d’infériorité (le maquillage des réalités). Mais l’habitude a une peau assez dure, d’autant qu’en 1994, avec le sommet France-Afrique, certains s’étaient même permis d’attraper les fous en ville, les ligoter et aller les jeter à des distances incroyables, pour des questions de « salubrité » de la ville aux yeux d’étrangers. Donc voyez-vous que fermer des écoles est le moindre mal !! Mais le traitement jadis réservé à ces fous était-il africain ?
Quand on connait l’hospitalité africaine, on ne comprime pas sa presse en une seule question face à un président, MACRON Emmanuel soit-il ? Les journalistes qui ont vaillamment couvert l’insurrection et la résistance en consentant des sacrifices multiples et énormes, sont en majorité jeunes. A quelle jeunesse MACRON veut-il rendre hommage en les comprimant en une question ? »

Ouagadougou: banditisme, le nouveau mode opératoire des bandits dévoilé par la police

La Brigade de Recherches (BR) du Commissariat Central de Police de la ville de Ouagadougou (CCPO), depuis trois (03) mois, a enregistré plusieurs plaintes pour vols à mains armées et à l’arrachée, tous commis dans des circonstances parfois très violentes, parfois dignes de la fiction tellement elles ont été soigneusement et méticuleusement préparées et exécutées. 


A titre illustratif et pour les cas du vol à l’arrachée, la BR a reçu pas moins d’une dizaine de plaintes pour un préjudice cumulé estimé à plus de cinquante (50) millions de FCFA pour la même période.
Vu la nature, la gravité et le caractère particulièrement violent et soigné de cette forme de délinquance, la Brigade de Recherches a mis au point une stratégie qui a fini par payer car les différents réseaux (au nombre de deux) à la base de ces forfaits ont été démantelés.

Premier groupe
Composé essentiellement de cinq (05) expatriés parmi lesquels se trouve un homme de tenue, ce réseau a des ramifications dans toute la sous-région ouest africaine. Sur les cinq (05) éléments du gang, deux (02) ont pu être appréhendés dont le cerveau. Il s’agit des nommés:
– Philip Kelechi CHITURU, homme de tenue radié, 32 ans, de nationalité étrangère, marchand domicilié au secteur 04 de Ouagadougou. Il apparaît comme étant le chef de ce réseau;
– IGBO Uchéma Charles, de nationalité étrangère, 27 ans, marchand et domicilié au secteur 04 de Ouagadougou.

Le mode opératoire
L’ensemble du groupe identifie une banque de la place, généralement celle qui a une grande affluence. Y étant, l’un d’entre eux rentre dans la banque et identifie généralement les usagers qui font des retraits de forte somme. Très souvent, il remarque les usagers qui font les retraits auprès des guichets spéciaux. Une fois leur victime identifiée, une partie du groupe qui est restée aux abords de la banque, identifie aussi le moyen de locomotion (voiture ou motocyclette) de la victime déjà identifiée. Pour les voitures, ils posent discrètement un piège à voiture, habituellement, au pneu arrière droit. Le piège à voiture est généralement constitué d’un morceau de tapette transpercé par des clous.
Une fois que la victime démarre pour partir, son véhicule monte sur le piège et elle est obligée de s’arrêter pour réparer la crevaison. En ce moment, les membres du gang qui l’ont suivie à motocyclette par binôme depuis la banque arrivent en toute vitesse et s’emparent du sac, de l’enveloppe ou du sachet dans lequel est contenue la forte somme et s’enfuient à toute allure laissant la victime impuissante et prise au dépourvue. Des fois, il arrive que ce gang au lieu de déposer le piège à voiture, dévisse les écrous d’une des roues du véhicule de la victime de sorte à l’obliger à s’arrêter afin de commettre leur forfait.
S’agissant de leurs victimes qui roulent à moto, elles sont également suivies depuis la banque. Profitant de la moindre inattention de celles-ci, ils s’emparent de leurs sacs et s’enfuient à toute allure.

Deuxième groupe
Ce gang se compose essentiellement de trois (03) individus dont les identités sont les suivantes:
– ZIDA Issouf, né le 01/01/1991 à Basnèré/SAPOUY, cultivateur domicilié au quartier Kamboinsin de la ville de Ouagadougou. Il apparaît comme étant le chef de ce réseau;
– BAKONE Lionel, né le 28/08/1996 à Ouagadougou, élève et domicilié au secteur 40 de Ouagadougou;
– GOMGNIOUGOU Mathieu, né en 1976 à PÔ, boucher et domicilié à Kamboinsin/ Ouagadougou.

Le mode opératoire
L’ensemble du groupe se promène à moto tard dans la nuit, armé de deux (02) pistolets artisanaux, de machettes et de poignards. Ils identifient leurs victimes, généralement celles qui circulent avec une moto de grande de valeur et les arrêtent aux détours des ruelles sombres et isolées des quartiers tels que Tampouy, Tanghin et Kilwin. Sous la menace de leurs armes, ils dépouillent les victimes de tous leurs biens avant de prendre la fuite. Le butin ainsi obtenu est par la suite revendu à un receleur qui se charge de l’écouler. Ce receleur est en cavale et est activement recherché.

Les biens saisis au cours de l’enquête

o Premier groupe
– Trois (03) vélomoteurs dont:
– 01 CG
– 01 Yamaha Vega ZR
– 01 Yamaha mic ship
– Trois (03) ordinateurs portables;
– Trois (03) pièges à véhicules;
– Un (01) lot de téléphones portables;
– Six (06) clefs mécaniques.

o Deuxième groupe
– Deux (02) pistolets de fabrication locale;
– Deux (02) machettes;
– Un (01) arrache-clou;
– Trois (03) poignards.

Quelques conseils au public
– Signaler les ventes de produits ou des objets d’origine incertaine.
– Effectuer des déclarations de vol pour tous vos biens volés.
– Alerter les services de police et les voisins si vous constatez la présence suspecte de personnes douteuses quel que soit leurs âge aux abords de vos domiciles et commerces afin de prévenir les cambriolages.

L’enquête est actuellement close et t les mis en cause seront conduits devant Madame le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou pour les suites judiciaires qui seront données à ces affaires.
C’est le lieu pour nous de remercier tous ceux, parmi les populations de la ville qui nous ont permis d’atteindre ce résultat et d’en appeler une fois de plus à la collaboration de tous pour endiguer l’insécurité dans la ville de Ouagadougou. Nous leur réitérons notre disponibilité à les écouter et à les assister pour une paix durable dans la cité.

Nous vous rappelons les numéros verts qui sont le 17 pour Police Nationale, le 16 pour la Gendarmerie Nationale et le 1010 pour le CNVA.

La Police Nationale, une force publique au service des citoyens

Division de la Communication et des Relations Publiques de la Police Nationale

Fêtes de fin d’année: J-30, la prudence déjà sur nos routes

Vendredi 24 novembre 2017, nous sommes à un mois de la 1ere festivité de la fin d’année, le reveillon de Noël. Il est d’usage d’assister à une augmentation importante du traffic et donc des accidents dans nos villes. Aussi, il ne serait pas mal de commencer à adopter des comportements sains à mesure que les … Lire la suite

Attribution de logements sociaux: Reprise du tirage au sort à Gaoua

Les autorités en charge de la gestion des logements construits dans le cadre du 11-Décembre, ont procédé à un deuxième tirage au sort pour déterminer les bénéficiaires, le samedi 18 novembre 2017 à Gaoua. Le jeu a été repris suite à des irrégularités constatées dans le précédent, une semaine auparavant.   Des irrégularités ont été … Lire la suite

Grogne des Elèves et Scolaires de Ouagadougou, voici La lettre adressée au ministre de l’ éducation

Baccalauréat/BEPC

Monsieur le Ministre,

Depuis cette la rentrée scolaire 2017-2018 les scolaires de la ville de Ouagadougou, à l’instar de ceux des autres localités du Burkina sont confrontés à d’énormes difficultés du fait de la crise que traverse notre système éducatif.

En effet, cela fera bientôt deux mois que dans bon nombre d’établissements de la ville, des élèves sont privés d’enseignants et évaluations dans de nombreuses matières. Les perspectives d’en disposer dans les brefs délais sont quasi inexistantes.

Cette situation est consécutive, comme nous le mentionnions dans notre déclaration liminaire du 13/11/2017, à « l’entrée en lutte de nos braves enseignants pour l’amélioration de leurs conditions de vie de vie et de travail.

En effet, les enseignants nouvellement affectés dans les différents lycées de la ville sont sans salaires depuis plus de huit mois. C’est en toute logique que ces derniers refusent de rejoindre les salles de classes sans le paiement intégral de ce que le gouvernement leur doit ».

Cette situation faut-il le rappeler se passe dans une indifférence totale dont vous seul semblez avoir le secret. Sinon comment comprendre que malgré les interpellations des élèves et de l’opinion nationale aucune action concrète n’est prise pour résoudre les préoccupations des enseignants ?


En plus de ces difficultés sus mentionnées, les élèvent restent toujours confrontés à des problèmes dont vous et vos services sont parfaitement familiers. Il s’agit notamment :
Sur le plan des infrastructures, des effets néfastes du continuum qui sont venus aggraver le manque de salle de classe, des effectifs pléthoriques, l’absence de bibliothèque et de laboratoire fonctionnels, etc. ;
Sur le plan social, « nous notons avec regret que malgré nos interpellations depuis déjà quatre ans, il n’existe toujours pas de bus et/ou de lignes spéciales pour les élèves.

Quand on connait la densification croissante de la circulation à Ouagadougou, on imagine alors le grand danger auquel est exposé la plus part de nos camarades qui se voient ainsi obliger d’utiliser leurs propres moyens de déplacement ou d’attendre jusqu’à des heures indus.

De plus l’abonnement de la SOTRACO reste hors de portée pour la plus part des élèves dont les parents ploient déjà sous le coup des frais de scolarité exorbitant, des cotisations souvent injustifiées des parents d’élèves, des frais de contribution à la formation et les autres frais divers » (voir déclaration du 13/11/2017). Une absence et/ou un disfonctionnement total des cantines scolaires.


Dans l’enseignement technique, de nombreux élèves restent confrontés à l’absence de suite dans les filières d’étude qui se limitent pour la plupart au BEP. Cette année plus d’une trentaine d’élèves de la filière « Structure métallique » restent sans aucune perspective de poursuivre leur scolarité ;


Sur le plan des libertés, nous notons qu’avec l’avènement de votre régime au pouvoir l’option semble être la répression et les restrictions de libertés syndicales. En effet, il ne se passe un jour seul jour sans que nos camarades ne fassent l’objet de menaces et/ou d’intimidation de la part des proviseurs et directeurs d’établissement.


C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, par la présente, les élèves vous expriment leur incompréhension de votre silence face à tous ces problème auxquels ils font face et protestent contre cette manière de faire, héritée du régime déchu, qui consiste à les tourner en rond et qui les oblige à user d’autres moyens pour se faire entendre. Ils vous tiennent par ailleurs responsable de toute dégradation du climat dans les différents établissements, les jours à venir.
Tout en vous souhaitant une bonne réception, soyez rassuré, Monsieur le Ministre de notre ferme détermination à nous battre autour de nos justes revendications.

Coordonnateur
Sankara Dramane

Cour de Justice de la CEDEAO : Ousmane Guiro débouté

Le Pays

CSC: « la nomination d’un suppléant est nul et de nul effet » Abdoul Karim Sango

A travers cet écrit, le juriste Abdoul Karim Sango s’insurge contre ce qu’il appelle un précédent juridique gravissime dont se serait rendu coupable le chef de cabinet de la présidence du Faso. Il s’agirait de la nomination, par arrêté, d’un suppléant à la présidence du Conseil supérieur de la communication(CSC).

C’est l’activiste Lengha fils qui nous l’a appris ce matin sur sa page Facebook. Le directeur de cabinet du président du Faso, le tout nouveau docteur en droit Seydou Zagré, a osé prendre, sous délégation du président du Faso, un arrêté de nomination d’un suppléant au poste de président du Conseil supérieur de la communication.

C’est vrai que le bruit a couru ces derniers jours. Cet arrêté est simplement une monstruosité juridique, en ce qu’il est nul et de nul effet. L’État de droit oblige les gouvernants à prendre des décisions sur une base légale. C’est ce que nous enseignons aux étudiants. Et cet arrêté n’en a aucune et ne peut produire aucun effet sauf à placer l’institution dans une insécurité juridique extrêmement grave. Pourquoi ?

Primo, la notion de suppléant n’existe nulle part dans la loi organique portant organisation du CSC. Il n’existe pas de suppléant à la fonction de président ou de membre du CSC. Aussi puissant qu’il puisse l’être, le directeur de cabinet ne peut en créer ex nihilo. Même le président n’est pas habilité à en créer. Ensuite, le CSC est une institution indépendante jouissant de l’autonomie administrative et c’est là une caractéristique fondamentale de ce type d’institution.

Un arrêté de la présidence du Faso ne pourrait aucunement interférer dans l’organisation et le fonctionnement de cette institution. Les arrêtés de la présidence du Faso ne peuvent prévaloir que pour l’organisation et le fonctionnement de cette institution sauf si un texte de portée supérieure prévoit autre chose. Ce que le tout nouveau docteur en droit vient de faire est un précédent gravissime, il a inventé un texte pour apporter une solution à un problème que la loi sur le CSC a déjà réglé.

En effet, en cas de vacance de pouvoir, l’on doit procéder au remplacement du membre empêché. La présidente étant en prison, le président du Faso a le droit de nommer un nouveau membre et de faire procéder à l’élection d’un nouveau président dont la nomination se fait par décret. Les membres du CSC ne disposent pas d’un mandat irrévocable contrairement aux pratiques dans ce type d’institution. La seule option qui était envisageable ici c’était de faire assurer un intérim.

Mais l’intérim est limité dans le temps même si notre pratique administrative révèle des cas d’intérim permanent. Monsieur le directeur de Cabinet, votre arrêté rentre dans la catégorie des actes administratifs inexistants et devrait servir de modèle en TD de droit administratif aux étudiants de deuxième année. C’est peut-être là son unique intérêt.

Le chef de l’État, garant de l’État de droit, devrait purement et simplement l’annuler avant qu’un étudiant de première année de droit n’en demande l’annulation au juge administratif. Et il n’aura pas besoin de beaucoup d’arguments pour l’obtenir.

Abdoul Karim Sango
Juriste

Affaire une femme accuse les services de l’action sociale de lui avoir enlevé son bébé, les éclaircissements du Ministère en charge de la solidarité Nationale

Dans une lettre ouverte publié par Ouaga24 le 13 Novembre adressée à madame la ministre de la femme , une jeune femme accusait les services de l’action sociale de lui avoir enlevé son enfant de 3 mois. Le Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille d’apporter les éclaircissements. Nous vous proposons in extenso cet écrit. 

Suite à la parution dans votre site le 13 novembre 2017 de la lettre ouverte intitulée « une femme accuse les services de l’action sociale de lui avoir enlevé son bébé de 3 mois » adressée à Madame la Ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille par Mademoiselle SANOU Céline, il plait au Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille d’apporter les éclaircissements suivants.

Afin de respecter le secret professionnel cher au travail social, certains détails ont été volontairement tus et les noms omis sauf celui de SANOU Céline qui a porté son cas sur la place public.

Les faits sont les suivants.

Les services déconcentrés du Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille à Ouagadougou ont connu le cas de Mademoiselle SANOU Céline le vendredi 28 juillet 2017 suite à une tentative d’abandon de son enfant non loin du Centre Médical Saint Camille.

Sur signalement, un agent du service est allé la chercher, avec son bébé, pour une meilleure prise en charge à la Direction Provinciale de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Familledu Kadiogo.

Il faut signaler que contrairement à ce qui est dit dans sa lettre ouverte, ce n’est pas Céline qui a pris contact avec les services de l’action sociale pour une recherche de paternité de son enfant, mais ce sont les services de l’action sociale qui sont allés la chercher pour lui éviter une vindicte populaire suite à une tentative d’abandon de son enfant.

Qui est SANOUCéline

  • A l’Etat Civil SANON Findalo, Céline est née le 30 septembre 1981. Elle est une fille mère qui a déclaré avoir eu 7 enfants dont 4 sont décédés. Sur les 3 vivants, 2 de ses enfants résideraient chez ses parents à Bobo-Dioulasso et la dernière est le bébé né en juin 2017 ;

  • il existe un conflit entre Célineet ses parents géniteurs depuis plusieurs années et elle ne peut plus vivre auprès de ces derniers. Une de ses tantes a révélé qu’elle aurait attenté à la vie de son père qui l’a exclue et reniée ;

  • elle est sans domicile fixe à Ouagadougou. Elle loge dans des hôtels ou dans la rue en fonction de ses Avant sa grossesse, elle voyageait beaucoup au Sénégal (où elle a établi sa carte consulaire en janvier 2016), au Bénin pour des « activités commerciales » dit-elle. Elle ne dispose comme pièce d’identité que sa carte consulaire ;

  • on la soupçonne d’exercer dans la prostitution selon les révélations faites par le présumé père de son enfant ;

  • elle a actuellement trois (03) dossiers en justice : un contre son père auquel elle demande des subsides, un autre pour la garde de son enfant et le troisième contre le présumé père de son enfant pour incitation à avorter.

Pourquoi le retrait de l’enfant 

Les raisons qui ont présidé au retrait de l’enfant sont de divers ordres et peuvent se résumer chronologiquement comme suit.

Le 28 juillet 2017, Céline a tenté d’abandonner son enfant et cela, au regard, dit-elle, des difficultés qu’elle rencontre depuis la conception de ce dernier (problème d’hébergement, de restauration, de prise en charge sanitaire etc.). Suite à cela, Céline et son enfant ont été pris en charge, hébergés, nourris et soignés par les services de l’action sociale.

Pendant que Céline était aux bons soins des services de l’action sociale, elle est allée, le samedi 19 août 2017 aux environs de 01 heure du matin, déposer son bébé devant la porte de la famille du présumé père. L’enfant a été envoyé aux services de l’action sociale qui l’ont placé à l’Hôtel Maternel de Ouagadougou.

Le vendredi 25 août 2017, après lui avoir prodigué des conseils et avec l’assurance que Céline ira vivre à Bobo-Dioulasso auprès de son oncle maternel, l’enfant lui a été remis.

Malheureusement, Céline est restée dans la ville de Ouagadougou avec son bébé. D’après elle, elle a été dans la rue puis à l’archevêché et ensuite à la cathédrale de Ouagadougou en début septembre 2017 où les prêtres l’ont aidée à séjourner quelques temps dans une auberge.

Après son séjour à l’auberge, elle serait  restée quelques jours dans la cour de la cathédrale. Après cela, elle se serait promenée d’hôtel en hôtel pour de brefs séjours grâce à des bonnes volontés selon ses dires.

Elle s’est de nouveau présentée aux services de l’action sociale le 25 septembre 2017 parce que, dit-elle, sans ressources, elle n’a nulle part où dormir. Et puis, l’enfant, âgée de trois (03) mois à l’époque, était mal en point car elle était enrhumée et elle faisait également la diarrhée.

Trois optionslui ont été proposées par les services de l’action sociale :

  • l’héberger dans un centre (cour de solidarité, auberge de solidarité, centre de transit). Mais cette proposition a reçu un refus catégorique. D’après elle, son «standing de vie» ne lui permet pas de vivre dans ces lieux ;

  • prendre attache avec la Direction Provinciale de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille du Houet pour une médiation avec la famille SANON afin qu’elle puisse retourner en famille en attendant la clarification de la paternité de son enfant. Mais Céline a fait comprendre qu’elle ne voulait pas y retourner et que la résolution de sa situation conflictuelle avec sa famille est au-delà des compétences des agents de l’action sociale ;

  • chercher une maison, à loyer modéré, où elle séjournera avec son enfant tout en bénéficiant de l’accompagnement des services de l’action sociale. Céline a opposé un refus à cette proposition. Pour elle, elle vivra dans un hôtel ou rien.

Après avoir analysé la situation, les services de l’action sociale ont estimé que l’intérêt supérieur de l’enfant n’est pas la préoccupation de Céline et que ses agissements mettent en péril la vie et le développement de l’enfant. Aussi, le mercredi 04 octobre 2017, après avoir recueilli l’avis d’un juge, l’enfant de Céline a été placé dans une famille d’accueil où elle se porte bien et s’épanouie.

Cette mesure conservatoire a été prise en attendant que la justice se prononce sur la question.

Au cours d’une audience tenue le 07 novembre 2017 au Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou,  Céline a été appelée à démontrer sa capacité à s’occuper de son enfant pour pouvoir bénéficier de sa garde.

Le tribunal dans son verdict rendu le mardi 21 novembre 2017 a décidé du retrait de l’enfant et de son placement en famille d’accueil sous la responsabilité des services de l’action sociale. Une ordonnance sera délivrée pour attester de ce retrait.

Il faut signaler que plusieurs personnes se sont fortement impliquées par des conseils et des appuis divers afin d’amener Céline à un changement de comportements:

  • les responsables du CMA Saint Camille ;

  • les prêtres de la paroisse Saint Camille ;

  • le parrain du présumé père ;

  • desresponsables du Médiateur du Faso ;

  • des responsables du réseau de protection des enfants de Terre des Hommes Lausanne ;

  • les prêtres de l’archevêchéde Ouagadougou ;

  • la Famille SANOU à Ouagadougou ;

  • des responsables des radios et de télévisions où elle est passée plaider sa cause ;

  • des anonymes qui ont compatis à sa situation et ont voulu apporter une aide quelconque pour améliorer sa situation.

Mais toutes ces bonnes volontés ont été gagnées par le découragement suite aux agissements de Céline (entêtement  à ne dormir que dans les chambres d’hôtels ou auberge, comportement versatile passant du misérable à l’hautaine, ingratitude…).Beaucoup de ceux qui l’ont rencontrée, doutent qu’elle jouisse de ses facultés mentales.

Pour ce qui est de la recherche de paternité de l’enfant, plusieurs séances de médiation ont été faites avec le présumé père de l’enfant qui conteste la paternité. Aussi il faut attendre que l’enfant ait 6 mois (début janvier 2018) pour procéder au test sanguin de recherche de paternité.

En attendant, l’acte de naissance peut être établi mais pas au nom du présumé père. Ce que Céline ne veut pas.

Pour ce qui concerne les subsides, la famille du présumé père a proposé de verser chaque mois la somme de dix mille (10 000) francs CFA en attendant que la paternité de l’enfant soit établie en justice. Céline a refusé cette proposition car elle estime qu’il lui faut au moins quarante-cinq mille (45 000) francs CFA par mois alors que le présumé père de son enfant est sans emploi et à la charge de ses parents. Du reste, les 10 000 FCFA devaient être versés par son père.

Pour conclure, il faut dire que tout en donnant la priorité au bien être de l’enfant, le Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille, par le biais de ses services déconcentrés basés à Ouagadougou, est toujours à pied d’œuvre pour trouver une solution acceptable pour Céline notamment en la réconciliant avec sa famille.