Norbert Zongo: Mandat d’arrêt contre François COMPAORE

Dans leur parution du mardi 25 juillet 2017, nos confrères du Courrier confidentiel ont relaté les détails du mandat d’arrêt lancé contre François Compaoré.

C’est un pas de plus dans l’élucidation de l’assassinat, il y a 19 ans, du journaliste NORBERT ZONGO et de trois de ses compagnons d’infortune. Après l’inculpation de trois militaires de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP), un mandat d’arrêt international a été lancé au deuxième trimestre de l’année 2017 contre François Compaoré, frère cadet du président déchu Blaise Compaoré.

L’information est gardée secrète. Aucune source ne souhaite dévoiler la date exacte de l’émission du mandat d’arrêt lancé par le juge d’instruction contre François Compaoré. « Pour plus d’efficacité, un mandat a vocation à être exécuté dans la discrétion », justifie un haut responsable de la justice. Mais il confirme qu’un mandat a bel et bien été lancé contre François Compaoré. Selon nos informations c’est en mai 2017 que le doyen des juges d’instruction a délivré le mandat d’arrêt contre celui dont le nom est régulièrement dans l’assassinat du  directeur de publication de l’hebdomadaire « L’Indépendant ». François Compaoré est donc dans le collimateur de la justice.

François COMPAORE recherché dans 190 pays

Le mandat a été transmis au bureau central d’Interpol Burkina afin de le ficher et l’introduire dans la base de données de l’organisation internationale de la police. Il appartient donc au 190 pays membres de Interpol, de rechercher chacun sur son territoire, d’arrêter et d’extrader vers le Burkina l’ancien conseiller spécial de l’ex-président du Faso. « Un faisceau d’éléments » a conduit à l’émission du mandat d’arrêt afin de comprendre le rôle de François Compaoré dans l’assassinat. La commission d’enquête indépendante, présidée par le magistrat Kassoum Kambou en 1999, aujourd’hui président du Conseil Constitutionnel, avait conclu que le mobile de l’assassinat de Norbert Zongo était lié à sa profession de journaliste. Et qu’un lien était à établir avec l’affaire David Ouédraogo. Le fondateur de « L’Indépendant » enquêtait sur l’homicide  de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, accusé de vol et torturé à mort par les éléments de l’ex-RSP en janvier 1998. Son nom revenait donc comme le commanditaire.

Retour sur le non-lieu du juge IILBOUDO

Le juge d’instruction, Wenceslas Ilboudo, qui avait été saisi à l’époque, avait prononcé un-lieu en 2006 en faveur du seul inculpé Marcel Kafando, alors décédé.

Le 28 mars 2014, la cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, basée à Arusha en Tanzanie, a mis en évidence les carences de l’instruction. Le dossier a alors été rouvert à la faveur de l’insurrection populaire d’octobre 2014. Le juge d’instruction du cabinet N4, par ailleurs doyen des juges d’instruction au Tribunal de grande instance de Ouagadougou, saisi, a inculpé au bout d’un an d’enquête, trois militaires, tous membre de l’ex-régiment de sécurité présidentielle. En décembre 2015, le soldat Christophe Kombacéré, le Caporal Wampasba Nacoulma et le Sergent Banagolo Yaro, qui avaient été épinglés dans le rapport de la commission d’enquête comme « suspects sérieux », ont été inculpé d’assassinat et de destruction volontaire de bien. Les mêmes militaires étaient impliqués dans le dossier David Ouédraogo et par ailleurs inculpés dans le dossier Thomas Sankara. L’enquête du juge d’instruction a permis aussi de retrouver l’épave du véhicule utilisé pour commettre l’assassinat du journaliste, le 13 décembre 2016, le Procureur général près de la cour d’appel de Ouagadougou, Laurent Poda, a laissé espérer sur les antennes de la RTB, un procès avant la fin de l’année 2017. On attend donc de voir.

Atiana Serge Oulon, Courrier confidentiel du 25 juillet 2017.



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