Politique

Affaire Djibrill Bassolé : « Les usurpateurs du MPP violent les instruments internationaux et nous place parmi les Etats voyous ». PITJ

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Déclaration liminaire

L’année dernière, après ce rendez-vous du 30 mars, nous vous avions invité le 14 juillet pour dénoncer LE FAUX PROCES INIQUE que les usurpateurs du MPP ont organisé devant la haute cour de justice contre Blaise Compaoré et son dernier gouvernement.

Au cours de cette rencontre, l’un de vos collègues nous a posés des questions sur le rejet de la demande de liberté provisoire de Djibrill Bassolé autour de laquelle, un comité des Nations-Unies se tiraillait avec le gouvernement. Nous avons estimé que pour ce que l’opinion connaissait du dossier, et l’état de santé non feint de Djibrill Bassolé, qui s’est révélé en mondéo-vision devait justifier sa mise en liberté provisoire.

Nous affirmons que ce sont les usurpateurs du MPP qui, à cause de la crainte que leur inspire Djibrill Bassolé, s’opposaient à cette mise en liberté provisoire et que c’est Rock Marc Christian Kaboré qui était chargé de veiller personnellement à le maintenir en détention. La décision de la justice de lui accorder la liberté provisoire et son maintien en résidence surveillée par les usurpateurs du MPP viennent confirmer les propos que nous avions tenus.

Les raisons de l’invitation qui vous a été adressée pour ce matin, tiennent au refus des usurpateurs du MPP de respecter la décision de justice accordant la liberté provisoire à Djibrill Bassolé et surtout aux propos graves de conséquences tenus par Simon Compaoré, président par intérim du MPP.

La direction du PITJ, après analyse, a mandaté le secrétaire général pour :

• Rendre une visite de soutien à Djibrill Bassolé dont les droits constitutionnels fondamentaux sont bafoués et qui est maintenu en résidence surveillée par la seule volonté des usurpateurs du MPP.

• Dénoncer par voie de presse les graves violations de la constitution et des instruments internationaux que notre pays a ratifiés, par les usurpateurs du MPP et qui mettent en péril la paix et l’unité nationale.

La justice de tout temps maintient des citoyens en détention pour les besoins de sa procédure. De tout temps aussi, nombre de citoyens ont introduit des demandes motivées de mise en liberté provisoire. La justice, lorsqu’elle estime fondées ses demandes, accorde la liberté provisoire. Peut-on dénombrer à ce jour le nombre de citoyens qui ont bénéficié de cette la liberté ?

Le justiciable Djibrill Bassolé a introduit sa demande de mise ne liberté provisoire. La justice, après examen, a décidé d’y faire droit, et surtout, convaincu qu’il n’allait pas chercher à se soustraire des liens de la procédure. Par ailleurs, la justice sait qu’elle a des moyens de le faire devenir où qu’il se cache, qu’elle peut même le juger et le condamner s’il refuse de se présenter et le faire ramener pour lui appliquer les peines s’il y a lieu.

Les usurpateurs du MPP ont épuisé toutes les voies de recours pour s’opposer à la décision de justice, les instances judiciaires les ayant déboutés.

Sur quoi se fondent donc les usurpateurs du MPP pour le maintenir en résidence surveillée ?

Ont-ils le droit de mettre en doute publiquement les raisons qui ont motivé la décision de justice ? Et Simon Compaoré, leur porte-parole, peut-il aller jusqu’à remettre en cause les certificats médicaux et autres documents sur la base desquels la justice a accordé la liberté provisoire ?

Nous ne sommes pas des experts, mais à vue d’œil, ce sont les principaux dirigeants du MPP : Rock Marc Christian Kaboré, Simon Compaoré, Sawadogo Clément, Alassane Bala Sakandé qui sont gravement malades et depuis longtemps devaient être mis en liberté définitive des postes qu’ils ont usurpé, et placé dans des unités de soins intensifs, et Bouda Jean-Claude mis en cure de désintoxication.

Le maintien de Djibrill Bassolé en résidence surveillée malgré la décision de mise en liberté provisoire de la justice est de l’abus, de l’arbitraire, et relève des méthodes d’Etat d’exception dont les citoyens de notre pays ont souffert et qui ont alimenté l’important contentieux des crimes de séquestrations de torture et des crimes de sang.

Le citoyen Djibrill Bassolé doit être soutenu pour la jouissance de ses droits constitutionnels, tous ses concitoyens doivent le soutenir contre les usurpateurs du MPP, faute de quoi, c’est un encouragement à bafouer les droits de n’importe quel citoyen à le détenir arbitrairement en dehors de toute décision de justice. C’est permettre les arrestations et les séquestrations hors judiciaire des citoyens, dans des lieux secrets et ensuite ce seront les disparitions, et les exécutions sommaires.

LES USURPATEURS DU MPP, en ne respectant pas la décision de la justice d’accorder la liberté provisoire à Djibrill Bassolé, violent gravement la constitution, parce qu’ils refusent ainsi la séparation des pouvoirs et du coup, l’indépendance de la justice.

Ils refusent l’égalité des citoyens devant la loi et le fait que les décisions de justice s’imposent à tous y compris le gouvernement. Ils bafouent le droit des citoyens d’ester en justice, même contre l’Etat.

Les usurpateurs du MPP violent les instruments internationaux que notre pays a ratifiés, nous plaçant ainsi parmi les Etats voyous.

Les citoyens de notre pays doutaient beaucoup de notre justice, les magistrats, qui, courageusement ont dit le droit dans cette demande de mise en liberté provisoire, ont suscité des espoirs. Mais voici que, les usurpateurs du MPP étouffent cette confiance naissante en l’équité et l’impartialité de la justice.

Si les citoyens d’un pays, ne peuvent même plus espérer qu’en s’en remettant à la justice, leurs droits seront reconnus et respectés, voudront-ils se présenter confiants devant elle ? Honnêtement, peut-on exiger que ceux qui sont à l’extérieur comme François Compaoré viennent librement se présenter devant la justice ? La haine et l’arbitraire dont les usurpateurs du MPP viennent de faire montre dans le cas Djibril Bassolé, donne aux juridictions des pays dans lesquels ils se trouvent, des raisons valables de ne pas exécuter les mandants d’arrêt qui leur seront adressés.

Par ailleurs, par leur arbitraire, les usurpateurs du MPP justifient les manifestations des populations exigeant justice pour leurs fils entre les mains de la justice. Peut-on imaginer les conséquences de la multiplication de telles manifestations à travers le pays ? Cela traduirait un manque de confiance aux institutions de la république.

Mesdames, Messieurs les représentants des organes de presse, les usurpateurs du MPP, en rejetant la décision de justice, de mettre en liberté provisoire Djibrill Bassolé, ont créé une situation grave et préoccupante dans notre pays. Et les propos de Simon Compaoré, qui n’est plus ministre de la sécurité mais président par intérim du MPP, ont de quoi inquiéter. Il ne faut pas prendre à la légère ces propos, parce qu’ils annoncent une vaste manipulation en perspective avec tous les procès annoncés. Ce sont eux qui ont peur d’une justice sereine et équitable, eux qui vont être cités à comparaitre, qu’il s’agisse des procès relatifs à la gestion des 27 ans de régime de Blaise Compaoré, qu’il s’agisse de la transition bâtarde, ou dela gestion de leur pouvoir usurpé.

Ils devraient plutôt nous dire, comme ils l’ont proclamé à la création du MPP, que nul n’est au-dessus de la loi, et s’ils sont prêts eux-mêmes à lever leur immunité pour répondre devant la justice. Rock Marc Christian Kaboré, ex-président du MPP est en tête des listes des témoins dans le procès à venir du coup d’Etat de Gilbert Diendiéré. Va-t-il se présenter ?

Mesdames, Messieurs, les représentants des organes de presse, notre parti en changeant de nom en 2012 s’est appelé Parti de l’Indépendance et de la JUSTICE, parce que nous savons que la question de la justice et les questions de justice deviendront centrales et déterminantes dans l’évolution politique de notre pays. C’était un engagement à travailler, à réaliser la démocratie et la justice véritable dans notre pays. C’est ce qui justifie nos réactions dès qu’il y a des raisons de s’inquiéter sérieusement.

Pour le BEC, Le Secrétaire général,
Ouagadougou le 10/02/2018

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