Burkina: Jean Baptiste Natama à Salif Diallo “où était tu quand le Burkina allait au PAS?”

Où se trouvait Salif Diallo? Il était pleinement impliqué corps et âme dans les gouvernements successifs du Front Populaire et de la 4ème république, à travers le PAS. c’est en ces termes que comme Jean Baptiste Natama répond à Salif Diallo après que ce dernier  ait interpellé le gouvernement sur la gestion économique du Burkina. 




Rock M. Kaboré, Bonanet M. Dieudonné, Sawadogo P. Clément, Palm Jean Marc, Yarga Larba, Sirima Bissiri, Konaté I. Dominique, Basile Guissou, Mathias Somé et bien d’autres personnalités du pouvoir actuel et j’en passe. Tous sont les hommes forts du régime du MPP.

Mais, je m’en voudrais de ne pas le rappeler, il y avait aussi Zéphirin Diabré (Ministre du commerce et de l’industrie puis de l’économie et des finances) ainsi que de nombreuses personnalités de l’opposition actuelle.

Qui a signé un contrat mirobolant avec la firme américaine Monsento ayant eu pour effet d’accentuer la dépendance de la filière coton (coton transgénique) de notre pays vis-à-vis de cette multinationale et des aléas de l’économie mondialisée?

Le même Salif Diallo.

Et pourtant, nous sommes allés au PAS alors que rien ne justifiait cela.

Oui sous le CNR, nous étions dans l’auto ajustement et avions un taux de croissance à deux chiffres après seulement 2 ans de révolution; les bases d’une économie nationale indépendante et autosuffisante étaient progressivement mises en place; les indicateurs sociaux étaient en pleine croissance exponentielle et les populations ressentaient cela dans leur vécu quotidien; l’économie nationale se structurait peu à peu; etc.

Et qu’avons-nous connu avec le PAS?

L’accentuation de la paupérisation du peuple; l’établissement des bases d’une économie libérale sauvage; le bradage, sous couvert de privatisation, des fleurons de l’industrie nationale naissante; la dégradation des indicateurs sociaux; le placement du pays sous perfusion des bailleurs de fonds; le développement d’une corruption tentaculaire et puante; l’enrichissement d’une élite politique kleptomane et corrompue; l’aggravation du déficit social avec, à la clé, des inégalités sociales destructrices de la cohésion nationale; des politiques économiques et sociales inefficaces dictées par l’extérieur; une économie extravertie, etc.

Pourquoi alors avoir interrompu cet élan en plaçant le pays sous le diktat des institutions de Bretton Woods pendant toutes ces années et n’avoir jamais eu le courage de dénoncer l’irrationnel et l’inefficace?

Pour les acteurs de premier plan que vous avez été et, pour ne l’avoir pas fait en son temps, pour n’avoir pas poursuivi l’élan déclenché par la révolution, le faire aujourd’hui pose problème car il y a d’abord une bonne foi et une crédibilité à prouver par vos soins tant vous vous êtes compromis et êtes compromis.

Oui la Malaisie comme bien d’autres pays en Asie du Sud-Est et en Amérique latine se sont opposés courageusement au diktat du fameux consensus de Washington ayant abouti à l’imposition des PAS aux pays sous-développés. Mais ils l’ont fait avec des dirigeants visionnaires dont l’intégrité n’était pas sujette à caution et envers lesquels la confiance desdits peuples était acquise.

Oui, opter pour la voie qui est ici suggérée n’est possible que si le pays a des dirigeants visionnaires et crédibles; des dirigeants qui jouissent de la confiance de leur peuples et qui sont en osmose avec ceux-ci.

De même l’endettement massif du pays ne peut être une option viable que si le pays dispose d’une vision holistique et stratégique pour son développement et pour la mise en œuvre de laquelle la bonne gouvernance doit être élevée au rang du sacré. Ceci, pour éviter d’hypothéquer l’avenir des générations futures qui crouleront sous le poids du service d’une dette improductive parce que mal utilisée. En outre, il est recommandé, avant de s’endetter, de commencer par faire mieux avec qu’on a.

Eu égard à toutes ces exigences il n’est pas exagéré de conclure que votre régime et votre génération ne sont pas les mieux qualifiés pour conduire notre pays sur une nouvelle voie qui induira sa renaissance. Ces déclarations peuvent être considérées, à juste titre, comme du verbiage démagogique et populiste visant à tromper et mystifier le peuple.”

JBN.

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