Procès des militaires: « J’attendais la proposition du Caporal Madi… »

Débuté ce matin à 8h40, le procès qui « devrait livrer les grands secrets » n’a pas déçu. Tour à tour ont été auditionnés une dizaine de militaires environs. Entre contradictions et propos confus, ils ont été entendus.

Le caporal Coulibaly est le premier à se présenter à la barre. Il reconnait avoir participé à la réunion mais nie toute association de malfaiteurs. En effet, selon sa version, il était juste de passage et ne savait pas de quoi serait faite la réunion. « Lorsque le Caporal Ouedraogo Madi a dit que l’ordre du jour c’est la libération de nos camarades de la MACA, les gens ont commencé à se disputer et on s’est dispersé », explique t-il. Pour le Caporal Bontogo Yemdaogo, il aurait perdu du matériel lors de la récupération des armes du RSP, et le Caporal Madi lui aurait expliqué que la réunion était à propos. « Mais entre temps, il dit qu’on va parler de la libération de Diendéré et Bassolé; moi je ne savais pas si c’était par un ‘wakman’ qu’il allait procéder ». Ce serait la raison pour laquelle il n’a pas rendu compte de la reunion, même si souligne le Commissaire du gouvernement, « le compte rendu libère le subordonné ».

Un propos aura réussi à épater toute l’assistance, celui du soldat BASSOLE Fulgence. Pour lui, si les moyens et conditions étaient réunis, il aurait exécuté la tâche, mais attendait le rapport du Caporal sur la réunion à laquelle il n’aurait pas pu assister. « C’est notre chef, si les plans et les moyens le permettaient, bon…on est tous militaires…j’allais aller », conclut t-il.

Il y a bel et bien eu détention d’armes

C’est en tout cas ce que reconnait le prévénu Abdoul Aziz YIOUGOU, mais il plaide pour bonne foi. En effet, ce dernier explique qu’il aurait ramassé 4 grenades sur la route de Balkuy à l’intérieur du camp Naaba Koom, et vu la situation des membres de l’ex RSP, il n’était pas en mésure de la rendre. Il les aurait donc gardés avec lui en plus des munitions qui seraient les restes de leur dotation.

Sanou Bakary également reconnait la détention des armes, mais c’était essentiellement pour « frimer », selon les termes même employés par son avocat.

La pertinence et la crédibilité du procès remis en cause!

Lorsque la défense demande à ce que soit apporté la preuve matérielle de l’authenticité de la charge, c’est le lieu de déballages d’articles de parts et d’autres.

Le Tribunal dit prendre en compte les observations et se réserve le droit de donner sa décision lors de la délibération finale. Pour l’heure, les auditions sont toujours en cours.

 

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