Suspension du procès: la réaction de Me Mathieu Somé, Avocat de la défense

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Le procès de Gilbert Diendéré et de ses 83 co-accusés a été suspendu, le jeudi 22 mars 2018, deuxième jour de reprise de l’audience. En attendant le lundi 26 mars prochain pour la réouverture, le tribunal devra statuer sur des questions préliminaires soulevées par les avocats de la défense.

• Avocat de la défense, Me Mathieu Somé : « Le président n’est   pas  en mesure de juger »

« Depuis le début du procès, nous avons posé un certain nombre de problèmes pour lesquels nous n’avons pas eu de réponse. Nous avons d’abord insisté sur le fait que le tribunal était irrégulièrement constitué et l’on a voulu que cette situation puisse se régulariser. Il nous est reproché d’être venus. Mais si nous sommes venus pour poser le problème c’est pour qu’on ne nous dise pas que nous fuyons le débat. Le tribunal est passé outre. Nous avons ensuite posé le problème de sa composition.  Le président du tribunal nous avait dit de le laisser d’abord faire sa composition. Voilà comment il a pu nous amener à accepter qu’il compose son tribunal.  Mais, nous avons constaté une composition irrégulière. Enfin, nous avons dit que le président n’est   pas  en mesure de juger parce qu’il y a eu  une procédure de récusation contre lui. Et l’article 27  du code de justice militaire dit que le tribunal doit statuer.  Il nous demande quel tribunal ? Mais on est convoqué devant le tribunal militaire qui doit statuer avant de continuer  parce qu’on dit qu’il n’est pas à même de juger.C’est face à cette obstination que nous avons décidé de ne pas partir mais de nous taire et de laisser faire jusqu’à ce qu’il tranche sur la question de la récusation. Il vient de nous dire que la question sera tranchée lundi. Nous n’avons pas une stratégie de perdant.
Quand nous plaidons, c’est pour soutenir ce que nous avons écrit. Nous n’avons pas eu l’occasion de répondre au parquet militaire et à la partie civile.Mais tout cela procède d’une stratégie que nous avions comprise. C’est pourquoi, nous acceptons. Nous avons déposé des mémoires qui doivent être réglés avant tout  débat. Lorsque nous avons constaté que le tribunal ne voulait pas examiner les préalables que nous avons posés, nous avons décidé de nous taire. Nous voulons que le président se récuse parce qu’il a eu connaissance d’une partie du dossier en cours d’instruction. Il ne peut plus, par conséquent, présider le tribunal.  Le président et son conseiller ont été désignés par une partie prenante au procès,  notamment le ministre René Bagoro. Un ministre peut être partie civile.  Mais dès lors qu’il doit contribuer à choisir des juges, ceux-ci doivent être récusés parce que nous doutons de leur impartialité. Nos adversaires veulent donner l’impression que les avocats de la défense ne veulent pas aller au procès.  Ce sont nos clients qui sont en prison mais ce n’est pas parce qu’il faut juger, qu’il faut fouler aux pieds tous les principes. »
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