Desmond Tutu, l’autre grande voix anti-apartheid est mort

Desmond Tutu était la dernière figure emblématique encore en vie de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, depuis la mort de Nelson Mandela, le 5  décembre 2013. Desmond Tutu fêtait ses 90 ans le 7 octobre.

Desmond Mpilo Tutu, né le 7 octobre 1931 à Klerksdorp en Afrique du Sud et mort le 26 décembre 2021, était un archevêque anglican sud-africain qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1984.

Auteur d’une théologie ubuntu de la réconciliation, il fut ensuite le président de la Commission de la vérité et de la réconciliation, chargée de faire la lumière sur les crimes et les exactions politiques commis, durant l’apartheid, au nom des gouvernements sud-africains, mais également les crimes et exactions commis au nom des mouvements de libération nationale.

Wakatt Communication

Desmond Tutu est né dans une famille modeste d’un bidonville de Johannesburg. Son père était instituteur et sa mère femme de ménage. Les revenus du ménage étaient modestes, et le jeune Desmond n’a pu entreprendre les études de médecine dont il rêvait.

Il a une quinzaine d’années, et passe de maisons de blancs en maisons de blancs, ramasser pour le compte de sa mère le linge à laver.

Atteint de tuberculose adolescent, il est hospitalisé plus d’une année. Là il fait la connaissance d’un prêtre britannique, Trevor Huddleston. Le prêtre est proche de Nelson Mandela, et souvent en conflit avec les autorités qui multiplient les actions et décisions ségrégationnistes.

Au fil du temps, Huddleston devient la bête noire du pouvoir sud-africain et doit regagner le Royaume-Uni, contraint forcé, en 1955. Il aura été le mentor du jeune Desmond Tutu.

Il devient le premier noir à occuper le poste de doyen du diocèse de Johannesburg.
Les églises noires, et aussi quelques églises blanches se sont engagées dans la lutte contre la ségrégation. Desmond Tutu prend la tête du Conseil des Eglises sud-africaines.

En 1976, les townships se soulèvent contre la nouvelle loi qui limite l’enseignement du bantou, et contre l’usage de l’afrikaans, jugée langue de l’oppresseur. Les manifestations sont sévèrement réprimées et la police tire à balles réelles. On parle de centaines de morts.

Le mouvement va se poursuivre, puis devenir sporadique jusqu’à la mort en prison en septembre 1977 de Steve Biko. Desmond Tutu accompagne la lutte et assure le prêche lors des obsèques de Biko.

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