Unité d’action de la société civile : les 4 vérités de l’UNAS sur l’arrestation de Safiatou Lopez et la situation sécuritaire

Les responsables des organisations de la société civile, une cinquantaine, ont décidé de parler d’une seule et unique voix et d’avoir une position unique sur des sujets d’intérêt national et de la gouvernance du pays.

Il a donc été mis en place l’unité d’action de la société civile (UNAS). Structure d’appui technique non associative qui facilitera le dialogue inter OSC et la prise de décisions unitaires. Le cadre a été présenté ce mercredi 5 septembre 2018 au public à travers une conférence de presse.

L’UNAS est administrée par un secrétariat permanent de 5 organisations chefs de file des caucus et une présidence tournante. Le premier président du mois est Alexandre P. Ouedraogo président du Mouvement burkinabé pour l’émergence d’une justice sociale (MBEJUS).
Deux motions ont été prises et lues à la presse portant respectivement sur l’arrestation de Mme Safiatou Lopez et sur la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays notamment dans la région de l’Est.
Motions que voici ci-dessous:

MOTION N°1:

PORTANT SUR L’ARRESTATION ET LA DÉTENTION PRÉVENTIVE DE SAFIATOU LOPEZ ACTIVISTE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LEADER D’OPINION

– considérant le pacte international des droits civils et politique qui garantit la présomption d’innocence,
– considérant la constitution du Burkina Faso qui garantie la participation à la gestion de la vie nationale par tout citoyen (art.12), la liberté d’opinion et de pensée (art. 8) et la liberté d’association ainsi que l’égalité devant la loi et l’interdiction de toute forme de discrimination (art.1er et 7),
– considérant la loi portant protection des défenseurs des droits humains qui interdit l’interpellation, l’arrestation et la détention arbitraire des DDH,
– considérant les conditions militarisées d’interpellation et les écueils procéduraux de la garde-à-vue et du placement en détention préventive de Mme Lopez ayant donné lieu à la violation de ses droits humains et l’atteinte à sa dignité et son honneur propre et de sa famille,
– considérant les lourdes accusations et charges de crime contre l’État retenues contre Mme Lopez jusque-là non authentifiées par des preuves matérielles tangibles,
– considérant les rapports d’hostilité entre Mme Lopez et les autorités actuelles relative à ses prises de positions défavorables au pouvoir,
– considérant les nombreuses actions judiciaires entreprises contre Mme Lopez devant les tribunaux impliquant des autorités du pays,
– considérant l’avalanche de poursuites judiciaires, des intimidations, de la répression, des menaces et autres formes de violences exercées contre les leaders d’opinion, journalistes ou militants de l’opposition politique par le pouvoir, ses dirigeants et ses adeptes.

Nous leaders d’opinion et activistes de la société civile et des droits de l’Homme dénonçons l’arrestation abusive et brutale et la détention de Mme Lopez,
Condamnons vigoureusement la violation de ses droits par la confiscation de sa liberté et l’humiliation dont elle fait l’objet,
Affirmons que Mme Lopez est victime d’une cabale politico- judiciaire et d’un règlement de comptes politiques,
Sur ces entrefaites:
– appelons à sa libération pure et simple,
– mettons en garde contre toute chasse aux sorcières dirigée contre les activistes et leaders d’opinion tant de la société civile, des médias et des partis politiques dans le cadre du présent vrai-faux dossier,
– prenons à témoins les autorités coutumières et religieuses, les partenaires au développement du Burkina Faso principalement la délégation de l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique sur les graves dérives et violations en matière des droits de l’homme et la démocratie entrain d’être commises par le régime burkinabé dont la volonté est de liquider judiciairement par des pseudo accusations les acteurs contre-pouvoirs.

L’UNAS.

MOTION N°2:

PORTANT SUR LA DÉGRADATION DE LA SITUATION SÉCURITAIRE AU BURKINA FASO

Vu l’escalade des attaques ciblant les FDS dans l’Est du Burkina Faso occasionnant près d’une vingtaine de morts dont une quinzaine de FDS dans l’espace de trois semaines,

Considérant que les régions du Sahel, l’est, le Sud-ouest et le Nord sont concernés à la fois par ces attaques qui endeuillent les FDS et les populations,

Considérant les nombreuses voix qui s’élèvent pour s’interroger sur l’attitude du gouvernement quant à la réponse à apporter contre le péril sécuritaire et soulager les populations,

Considérant que l’armée burkinabé est capable de mener une lutte efficace et venir à bout des terroristes si le gouvernement met à sa dispositions tous les moyens dont elle a besoin,

Considérant que ce ne sont pas les moyens qui manque au gouvernement pour répondre aux sollicitations de l’armée au regard du gaspillage important des ressources de l’État dans des dépenses publiques inutiles de même que les sommes colossales détournées ou transportées vers des comptes à l’étranger,

Considérant les nombreuses alertes sur les risques d’occupation du territoire national par des groupes armés à l’instar de celle du directeur régional de la police de l’Est dans un courrier alarmant adressé au directeur général de la police nationale ayant fuité sur les réseaux sociaux.

Nous, leaders d’opinion et activistes de la société civile rendons un vibrant hommage aux FDS tombées pour le drapeau dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.

Saluons le courage et la résistance des FDS malgré la précarité de leurs moyens,

Invitons les Burkinabé dans leur ensemble et particulièrement ceux des régions sinistrées à la résilience et à l’aide à l’action des FDS.

Et, appelons le gouvernement de M. Paul KABA Thieba à apporter des solutions vraies à la situation sécuritaire et de s’abstenir à partir de ce instant du dilatoire, de la manipulation des consciences et de la démagogie face à une situation qui ne demande pas plus que du concret.

Enfin, nous tiendrons pour seul responsable le gouvernement si rien n’est fait réellement pour éviter toute situation de chaos ou la somalisation du territoire à travers cette invasion des régions par des bandes armées dites « assaillants non identifiés ».

L’UNAS.

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