Education: l’Association des Elèves du Secondaire de Ouagadougou exige l’annulation du décret portant sur les réformes de l’examen du Baccalauréat

Ces derniers temps le monde scolaire est en ébullition du fait de certaines réformes opérées par les autorités en charge de l’éducation et des enseignements au niveau des examens du BEPC et du BAC. Mais qu’en est-il exactement de ces réformes qui font couler tant d’encre et de salive ?
Camarades élèves,

Les réformes annoncées par le ministère de l’éducation et de la promotion des langues nationales ne sont rien d’autres qu’une remise en cause pure et simple de nos acquis de lutte. En effet, en 2013 le ministère avait tenté d’instaurer les sujets uniques dans les compositions d’Histoire-Géographie et de Sciences de la Vie et la Terre(SVT) du BEPC. Cette mesure avait été vigoureusement rejetée et combattue par les élèves à l’époque contraignant ainsi les autorités à y renoncer.

Aussi s’agissant de la réforme du BAC, il faut noter que dans les années 1996, les autorités avaient voulu confier son organisation à l’Office Centrale des Examens et Concours du Secondaire (OCECOS). L’objectif de cette réforme était de faire du bac le diplôme de fin de cycle du secondaire et non le premier diplôme universitaire comme cela a toujours été le cas et du coup limiter l’accès aux universités publiques aux nombreux bacheliers. Il vous souviendra de ce qui était convenu d’appeler BAC intra et BAC extra muros en l’an 2000 pour catégoriser les bacheliers qui allaient accéder aux amphithéâtres et ceux qui n’y avaient pas droit. Mais face à la résistance des scolaires et des étudiants et aussi grâce au soutien du peuple Burkinabè, les autorités sont revenues à la raison en abandonnant cette réforme hasardeuse qui n’arrangeait nullement les enfants de notre peuple si ce n’est que satisfaire les institutions internationales comme le FMI et la Banque Mondiale avec leurs programmes d’ajustement structurel (PAS).
Camarade élèves,

Depuis la nomination de Monsieur OUARO Stanislas à la tête de notre ministère, il a travaillé à la dégradation progressive de notre système éducatif. En effet, il a prononcé l’annulation pure et simple des examens blancs. Ces examens blancs qui sont censés permettre aux enseignants de connaître l’état de la progression réelle de leurs élèves afin d’y apporter des ajustements s’il y a lieu et permettre également aux élèves de s’entraîner avant les examens de fin d’année. On notera également la suspension de nos activités socio-culturelles et sportives sous le couvert de la lutte contre la Covid-19 pendant que les festivals sont organisés, les concerts et autres activités festives regroupant de nombreuses personnes battent leur plein comme si les élèves étaient dans un pays autre que le Burkina Faso.

On notera également la multiplication des frais APE et autres frais ou cotisations dans nos établissements pendant que le gouvernement parle de gratuité. Toute chose qui montre la démission de l’État du secteur de l’éducation qu’il a abandonné car incapable de trouver de quoi faire fonctionner les établissements publics qui pour la plupart sont dans un état de délabrement avancé mettant la vie de nombreux élèves en danger.
Camarades élèves,

Suite à vos différentes luttes, les ministres en charge de l’éducation et des enseignements ont été contraints de donner des explications à leurs mesures impopulaires et inopportunes. Ainsi leurs tentatives d’explications ont fini par convaincre même les plus sceptiques que l’objectif de ces mesures n’est autre que de contingenter l’accès à l’université aux enfants du peuple. En clair, tôt ou tard l’accès à l’université sera conditionné par certains critères si nous ne nous mobilisons pas pour rejeter ces réformes. Quant aux sujets uniques au BEPC, l’argument selon lequel la lecture des sujets fait perdre du temps aux élèves ne tient pas car les autorités ministérielles ont oublié de mentionner que l’épreuve de français, de philosophie et les options de sport en EPS comportent chacun plusieurs sujets.
Camarades élèves,

Au regard de ce qui précède, nous n’avons d’autres choix que de nous mobiliser davantage et de façon organisée pour apporter une réponse crédible à la hauteur de cette forfaiture que le pouvoir MPP et alliés tente de nous imposer.

L’AESO soutient fermement la lutte des élèves et les appelle à se mobiliser davantage au sein de leur organisation, l’AESO pour de meilleures conditions de vie et d’étude.

D’ores et déjà, en attendant tout mot d’ordre que commanderait l’évolution de la situation, l’AESO exige :
L’annulation pure et simple du décret portant sur les réformes de l’examen du Baccalauréat ;
La restauration des deux sujets aux choix en Histoire-Géographie et en SVT avec la possibilité d’augmenter le temps de la composition ;
La levée pure et simple de la suspension de nos activités socio-culturelles et sportives.

Non au BEPC au rabais !
Non au BAC au rabais !
Non à la destruction programmée de notre système éducatif !
En avant pour la défense ferme de nos intérêts matériaux et moraux !
Vive l’AESO !
Pain et Liberté pour le peuple !

Le Comité Exécutif

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