Afin de faire face à la complexité de son passif financier, l’État sénégalais a franchi un pas décisif en lançant un appel d’offres international pour s’attacher les services d’un nouveau conseiller financier. Cette démarche technique vise à rassurer les marchés obligataires et à concevoir des mécanismes durables pour traiter la dette du Sénégal.
Pour rappel, les autorités avaient déjà officialisé en fin d’année dernière un partenariat avec le cabinet parisien Global Sovereign Advisory (GSA). Selon les informations sectorielles disponibles, la nouvelle entité sélectionnée au terme de ce processus de sélection aura vocation à travailler de concert avec GSA afin d’apporter une double expertise sur le reprofilage des obligations et la viabilité budgétaire du pays.
Face au coût prohibitif des emprunts internationaux, Dakar avait dû recourir ces derniers temps à des arrangements financiers complexes comme les total return swaps sur les marchés régionaux afin de sécuriser ses échéances de paiement.
Un virage économique majeur pour le traitement de la dette du Sénégal
Ce tournant vers les cabinets d’ingénierie financière internationale s’accélère à la suite d’un remaniement institutionnel d’envergure.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a en effet démis de ses fonctions son Premier ministre Ousmane Sonko, figure de proue de la ligne souverainiste et opposant historique à toute idée de restructuration pilotée de l’extérieur.
Ousmane Sonko, désormais porté à la présidence de l’Assemblée nationale, maintient une posture critique et accuse ouvertement les bailleurs de vouloir précipiter le pays vers un défaut de paiement.
Ce changement d’équipe gouvernementale traduit la volonté de la présidence d’adopter une diplomatie économique plus pragmatique, facilitant l’introduction de réformes de gouvernance rigoureuses indispensables pour assainir des finances publiques lourdement grevées par l’audit des exercices précédents.
Les négociations cruciales avec le FMI face à l’audit des passifs
L’enjeu immédiat pour le nouveau conseiller financier sera de débloquer le dialogue avec le Fonds monétaire international (FMI). Les relations s’étaient durcies après que les audits gouvernementaux ont révélé une masse de dettes non déclarées héritées de l’ancienne administration, estimée à plus de 13 milliards de dollars (soit plus d’un quart du PIB national).
Cette découverte avait entraîné le gel immédiat d’un programme d’appui budgétaire de 1,8 milliard de dollars accordé par le FMI. Récemment, le directeur du département Afrique de l’institution, Zeine Zeidane, s’est entretenu à Dakar avec le chef de l’État pour poser les bases de « discussions actives ».
L’objectif partagé est de concevoir au plus vite un nouvel accord de financement permettant de stabiliser définitivement la dette du Sénégal tout en garantissant les réformes structurelles requises.




















